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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 9, mai-juin 2000

La Poste : 1000 mouvements mais pas de généralisation

Mis en ligne le 1er juin 2000 Convergences Entreprises

La grève des postiers de Nice s’est terminée après 38 jours sur un relatif succès (plus de remise en cause du travail un samedi sur deux, pas d’augmentation du volume de courrier, 14 embauches et la transformation de cinq CDD en CDI). Une centaine de travailleurs ont su, grâce à leur détermination, faire obstacle à la majeure partie des projets de la direction.

S’il est apparu comme un conflit local, ce mouvement s’inscrit en réalité dans les quelques mille grèves qui d’après les fédérations syndicales ont touché La Poste depuis la fin 1999. Mais le plus souvent limitées à un bureau ou un centre de tri.

Un cheval de Troie : la loi Aubry

La loi Aubry et son application arrivent à point nommé pour accélérer les mutations voulues par La Poste : baisser la masse salariale, augmenter les cadences, supprimer les avantages sociaux liés aux statuts de postiers (-20 % sur le budget social entre 97 et 99), supprimer les statuts protégés, introduire la flexibilité des horaires.

Le n°1 de la direction départementale des Hauts-de-Seine disait récemment à des syndicalistes qu’il n’était pas possible qu’un jeune embauché reste facteur jusqu’à l’âge de la retraite, le travail étant trop dur physiquement. C’est donc en toute conscience que les pontes de La Poste font leur sale besogne.

Pour les facteurs les tournées s’allongent, le travail un samedi sur deux est remis en cause. Il est courant qu’un facteur ou une factrice traîne ses quarante ou cinquante kilos de courrier quotidiennement. Ceux qui travaillent le jour où un collègue est en repos en semaine (grâce aux « 35 heures ») doivent assumer une tournée de plus. De nombreuses heures ne sont pas payées : beaucoup de postiers viennent chaque jour 1/2 heure en avance afin de pouvoir terminer leur tri à l’heure.

Dans les Centres de traitement du courrier les flux augmentent dans les mêmes proportions que dans la distribution (environ 3 % par an), les effectifs diminuent ou se maintiennent, et on casse les brigades traditionnelles. Par exemple les anciennes brigades de nuit qui effectuaient 12 nuits par mois (3 nuits en moyenne par semaine) sont remplacées par de nouvelles qui font 16 nuits pour certaines et 20 pour d’autres. A cela s’ajoute la création de brigades dites « vendredi, samedi, dimanche » composées quasi exclusivement de CDD.

Sur un plan général les pauses sont remises en cause directement. L’usage des heures supplémentaires est monnaie courante et certains petits chefs n’hésitent pas à faire pression (en particulier sur les jeunes) pour les imposer. Certains agents de centre de tri vont même jusqu’à effectuer 60 heures par semaine de nuit.

La réponse qui manque

Si plus de mille conflits ont eu lieu en six mois, la direction de La Poste n’a pas reculé. Sans liaisons entre eux les travailleurs sont la plupart du temps restés isolés, cantonnant leurs revendications au plan local. Les centrales syndicales y sont toutes pour quelque chose car sous une façade unitaire elles n’ont jamais essayé de créer les liens entre les travailleurs en lutte, condition sine qua non à une contre-offensive générale.

2 mai 2000. Y.L.-M.V.

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