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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 9, mai-juin 2000

Editorial

Un changement ? Au gouvernement ?

Mis en ligne le 1er juin 2000 Convergences Politique

Sous les coups de boutoir des salariés de la santé, des finances et des enseignants, Jospin a préféré jouer l’esquive. Le remaniement ministériel a écarté les ministres les plus désavoués, intégrant encore davantage les sages alliés Verts et PCF : un gouvernement créé pour voguer vers les élections municipales en gardant strictement le même cap, même si le coup de vent des luttes sociales a fait quelque peu louvoyer la galère.

Ce gouvernement Jospin 2 ne promet rien d’autre que la continuation des attaques de Jospin 1. Et pour mieux le prouver, le PS a mis aux commandes des finances Laurent Fabius, l’apôtre de la baisse des impôts pour les riches et des fonds de pension.

Chacun avec sa propre musique, patronat et gouvernement continuent leurs attaques contre les salariés

Les enseignants ont réussi à chasser Claude Allègre. Mais Jack Lang et Jean-Luc Mélenchon ont remis l’ouvrage sur le métier pour faire avancer les réformes de leur prédécesseur. Dans la fonction publique, l’objectif reste d’utiliser les 35 heures comme moyen d’introduire la flexibilité et l’annualisation. Et Jospin montre du doigt les fonctionnaires pour les aligner sur les 40 annuités du privé.

Le patronat pousse l’avantage en enfermant les bureaucraties syndicales dans le noeud coulant du paritarisme pour faire avancer sa « refondation sociale » qui vise à mettre en pièces la protection sociale et les accords collectifs. Et Denis Kessler, vice-président du MEDEF, a beau jeu de dire que celui-ci ne fait que proposer d’élargir des réformes déjà engagées par le gouvernement lui-même. Qui a créé les contrats précaires de cinq ans sinon Martine Aubry avec les emplois jeunes ? Et qui d’autre que le gouvernement et Nicole Notat ont œuvré à diminuer toujours davantage les indemnités chômage ?

La soumission de la gauche plurielle vient de trouver une nouvelle concrétisation

Dans le plan de « régulation économique » du gouvernement, pas question de s’en prendre aux patrons qui suppriment des emplois à tour de bras pour augmenter la rémunération du capital, pas question non plus que la croissance soit l’occasion de redistribuer les fruits de celle-ci à ceux qui créent les richesses.

Quelle audacieuse politique socialiste qui augmente la fiscalité, en matière de stock-options, sur les plus-values supérieures à 1 million de francs… pour mieux détaxer celles qui sont en dessous ! Il a bien fallu contenter un peu le PS qui criait tel Tartuffe : « Cachez ces stocks que je ne saurais voir ! ». Mais en fait, à la veille des propositions gouvernementales pour entériner les systèmes d’épargne salariale, c’est bien une allégeance totale à l’augmentation des inégalités et à la remise en cause des salaires que proclame la gauche plurielle.

Face à cette politique d’attaque contre les salariés, nombreuses sont les grèves contre la loi de flexibilité de Martine Aubry, notamment à La Poste. Et les dernières élections à la SNCF ont manifesté le désaveu des cheminots vis à vis de l’accord scélérat Gayssot-CGT-CFDT. Même dans la dispersion, et malgré la complicité gouvernement-directions confédérales, ces réactions ouvrières expriment les intérêts des salariés. Mais pour que ceux-ci soient réellement défendus il reste toujours pour tous les militants honnêtes, de toutes les couleurs politiques ou syndicales, à faire en sorte que ces réactions convergent en un mouvement d’ensemble.

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