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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 9, mai-juin 2000 > DOSSIER : Femmes au travail : tout a changé... rien n’a bougé

DOSSIER : Femmes au travail : tout a changé... rien n’a bougé

La CRAMIF : une entreprise à majorité féminine

Mis en ligne le 1er juin 2000 Convergences Société

La CRAMIF (Caisse régionale d’assurance maladie d’Ile de France) occupe près de 80 % de femmes (77,4 % en 1998). L’inégalité professionnelle entre femmes et hommes est surtout visible au niveau de l’encadrement supérieur. Plus on monte dans la hiérarchie, moins on trouve de femmes (37 % seulement des cadres supérieurs). Les emplois strictement féminins, comme ceux des secrétaires, sont de fait considérés comme des emplois de seconde zone. Les possibilités de promotion y sont plus restreintes.

Le recours au travail à temps partiel, qui concerne 10 % du personnel, est féminin à 98 %. Officiellement cette réduction est « choisie » par les intéressées. Ce « choix », effectué pour s’occuper des enfants (en général le mercredi) a aussi des répercussions sur les possibilités de promotions. On choisira plus facilement quelqu’un de présent chaque jour pour tenir des postes de responsabilités.

La maternité est aussi pénalisante pour l’avancement professionnel. Les grossesses ponctuées de repos multiples et de congés postnataux font passer les intéressées au second plan pendant un ou deux ans. La direction de la CRAMIF avait fait le choix d’exclure les femmes en maternité du tableau d’avancement sous prétexte qu’on n’avait pas pu vérifier leur travail pendant leurs absences. Elle a été récemment condamnée par les tribunaux pour cette pratique et a dû faire marche arrière, mais cette façon de considérer la maternité est significative.

Des droits… pour les hommes !

La présence d’une très grosse majorité de femmes se traduit dans les revendications : les droits aux congés pour les salariées à temps partiel (et en ce moment le gros problème de la répercussion des 35 heures sur les contrats à temps partiel), les conditions de prise de congés « enfant malade » qui nécessitent de courir voir le médecin pour chaque jour de fièvre, l’égalité devant l’avancement individuel….

Si un certain nombre de droits ont été longtemps des droits exclusivement féminins (congé parental, congé « enfant malade », prime de crèche, congés supplémentaires pour enfant à charge de moins de 16 ans…), depuis une dizaine d’années ces congés peuvent être pris indépendamment du sexe. Dans la pratique, certains congés comme le congé parental ou le congé « enfant malade » sont toujours pris majoritairement par les femmes. L’évolution de la réglementation a plus consisté à étendre aux hommes certains droits qu’à modifier profondément les conditions de la femme au travail.

Au niveau syndical, au-delà des revendications qui reflètent en partie la présence majoritaire de femmes, la célébration d’événements comme la fête des mères continue (un cadeau annuel et une sortie anticipée de deux heures une fois l’an). Dans les années 80, après l’arrivée de la gauche au pouvoir et la prise de gestion du CE par la CGT, une tentative avait été faite de supprimer cette fête instaurée par Pétain et de la remplacer par la fête des femmes le 8 mars. Cela avait provoqué une levée de boucliers de syndicats très conservateurs qui ont mené campagne sur cette question à chaque élection. La fête des mères a donc été restaurée lors d’un changement de majorité au CE. Bien sûr, personne n’attache plus d’importance à l’origine de cette célébration et n’y voit que la possibilité d’avoir un « chèque-lire » ou trois places de cinéma par le CE. Mais cela fait belle lurette que rien n’est fait pour dénoncer sa signification. Ce qui existe toutefois contrairement à il y a vingt ans, c’est qu’à l’occasion du 8 mars le CE organise régulièrement une exposition rappelant la condition des femmes au travail et dans le monde.

Angèle ROSSIN

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