« El sueño de la razón produce monstruos » (Goya) (le sommeil de la raison engendre des monstres). Prévoir une telle épidémie, son étendue, sa gravité n’était pas évident. En revanche, organiser la société et les moyens pour y faire face, en fonction des expériences précédentes, là est la vraie question. Et la citation de Goya garde tout son sens.
Le passé a connu bien des épidémies plus ou moins graves : grippe espagnole due à une souche du virus H1N1, ancêtre de la variante de 2009 (un milliard de malades et au moins 40 millions de morts en 1918-19), celles plus récentes de la grippe asiatique en 1956 (4 millions de morts), de Hong Kong en 1968-70 (entre 1 et 2 millions de morts), le sida dû au virus VIH (39 millions de morts), le SRAS (syndrome respiratoire aigu) en 2003, Ebola… Depuis, les épidémiologistes nous alertent régulièrement sur la possible résurgence d’une pandémie. « Le sommeil de la raison », c’est l’oubli des catastrophes passées, l’indifférence face aux mises en garde des scientifiques.