Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), s’est exprimé jeudi 25 mars sur France info à propos de la situation de l’hôpital public. Hirsch alarme, pleure presque, demande des « assurances » dont l’appel à davantage de matériels cruellement manquants, mais aussi de soignants pour soutenir « l’effort de guerre » : « On a besoin de toutes les équipes […] Aujourd’hui, les techniciens, les médecins, les infirmiers, travaillent tout le temps. Je ne veux pas qu’on soit face à un épuisement. » Tiens donc, il découvre, Martin Hisch, que l’épuisement menace depuis le début de l’épidémie, selon lui, mais selon le personnel depuis des années – un épuisement auquel il est resté totalement sourd. De ces sourds qui ne veulent pas entendre. Car depuis de longues années, sous ses fenêtres de l’avenue Victoria à Paris, des personnels soignants sont venus exiger plus de moyens, plus de lits et de meilleurs salaires. Revendications appuyées par des grèves et des manifestations en nombre incalculable, qu’il a ignorées.
Dans la même veine, il demande de la « reconnaissance » envers les personnels soignants qui font des « efforts qu’on peut qualifier de surhumains ». N’est-ce pas une autre des revendications portées par les personnels soignants de l’AP-HP en grève dès mars 2019 ? Une « reconnaissance » déjà par une revalorisation des salaires.
Mais Hirsch termine son interview par un appel à la solidarité, c’est-à-dire aux dons de nous toutes et tous ! Avec le slogan « Tous unis contre le virus ». Vive la générosité populaire ! Les milliards, voire dizaines de milliards de l’État, ce n’est pas pour l’hôpital public et ses soignants en détresse, c’est pour les patrons qui veulent sauver leurs profits !
Il pleure… mais persiste et signe !
S. C.

