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Leur monde merveilleux : licencier pour faire travailler plus

Trump & Ford, un exemple de « protectionnisme solidaire »

Mis en ligne le 14 mai 2019 Convergences Monde

Pour voir quelle physionomie aurait ce protectionnisme solidaire au gouvernement, il suffit de regarder la politique menée actuellement aux États-Unis par Donald Trump.

Pendant la campagne présidentielle, Trump accusait Ford de produire du chômage aux États-Unis en annonçant la fabrication d’une nouvelle voiture au Mexique, dans l’usine de San Luis Potosi de 2 800 salariés.

Contre ce qu’il appelait une « externalisation », il voulait construire un mur douanier à 35 %, pour pénaliser les Toyota, Mazda, Honda, Nissan, Volkswagen, Mercedes ou BMW qui concurrencent les automobiles américaines sur le marché national.

Que se passerait-il si l’Allemagne et le Japon, qui investissent aux États-Unis, faisaient pareil et rapatriaient leurs usines ? BMW a 2 usines et 4 centres de recherche sur le territoire américain ; Honda 4 usines ; Toyota 6 usines. Il suffit de calculer combien d’emplois seraient détruits aux États-Unis par la fermeture de 12 usines de production et 4 centres techniques. C’est la première limite du raisonnement « investir chez soi ».

Mais il faut croire que l’appel patriotique de Trump a été entendu. En mars 2017, Ford décidait finalement de ne pas ouvrir d’usine au Mexique et annonçait renoncer aux 1,6 milliards de dollars d’investissements qui y étaient prévus. En échange de quoi, Ford investit à Flat Rock (Michigan), au sud de Detroit, mais seulement 700 millions de dollars (à comparer aux 1,6 milliards prévus au Mexique) avec seulement 700 créations d’emplois à la clé (d’ici à 2020), pour produire un véhicule électrique qui sera lancé en 2020.

Comment Trump a-t-il réellement convaincu Ford ? En baissant le taux d’imposition sur les sociétés de 35 % à 15 % ! C’est simple et l’État sert à cela : le constructeur compte désormais profiter du climat « pro-business » que Trump a promis d’instaurer aux frais du contribuable.

Fields (PDG de Ford) a qualifié son revirement de « vote de confiance en faveur du président élu et des politiques qu’il peut mener. […] Nous pensons que ces réformes fiscales et réglementaires sont d’une importance cruciale pour renforcer la compétitivité des États-Unis, et, bien sûr, aboutir à une renaissance du secteur manufacturier américain », avant d’ajouter : « Il ne faut pas se leurrer, Ford est un constructeur mondial, mais notre maison est ici, aux États-Unis. » (Le Monde du 3 mars 2017)

On a compris : c’est à la seule condition d’exonérations fiscales qu’on obtient le patriotisme économique. Le couplet souverainiste a été l’occasion d’un gros cadeau à Ford.

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Numéro 126, mai 2019

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