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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 18, novembre-décembre 2001 > Toulouse, deux mois après l’explosion d’AZF

Toulouse, deux mois après l’explosion d’AZF

Toulouse, deux mois après l’explosion d’AZF

Mis en ligne le 1er décembre 2001 Convergences Entreprises

La situation reste bloquée pour beaucoup de familles des cités populaires les plus proches. Plus de 10 000 foyers ont vu leur logement dévasté : mobilier détruit, portes et fenêtres soufflées dans les cas les moins lourds, immeubles fissurés promis à la démolition. Par ailleurs, un millier de travailleurs toulousains se retrouvent début novembre au chômage technique, ou au chômage tout court, du fait de l’arrêt ou de la réduction des activités de leur entreprise suite à l’explosion.

Les assureurs se sont retournés vers ceux d’AZF, qui exigent dans bien des cas des contre-expertises. Résultat : les travaux effectifs ne commenceront qu’après le début de l’hiver, si les choses suivent leur cours « normal ».

Ministres et Président se sont déplacés sous l’œil des caméras de télévision, campagne présidentielle oblige. Chirac a pris des positions « radicales », parlant du nécessaire déplacement des usines du pôle chimique. Jospin, chargé des mesures concrètes, a débloqué 1,5 milliard de francs d’aides d’urgence, quand les diverses estimations chiffrent les dégâts entre 10 et 15 milliards de francs. Et sur ce petit milliard et demi, il est difficile de savoir combien va aux familles sinistrées et combien va aux patrons des entreprises touchées par l’explosion. Quant au responsable de cette catastrophe, le groupe TotalElfFina, propriétaire de l’usine d’engrais AZF, il renvoie tout vers ses assurances et a octroyé 20 millions de francs au fonds d’aide d’urgence : environ un an et demi du salaire de son seul PDG, Thierry Desmaret.

L’heure aux promesses et aux courants d’air...

Le maire de Toulouse, Douste-Blazy, s’est distingué par des prises de position immédiates et en apparence radicales : décision de « réquisition » des logements vacants et vote, à l’unanimité, d’une motion du Conseil municipal réclamant le déménagement du pôle chimique. Il s’est même payé le luxe, du moins au début, de mettre en cause Total, invoquant les énormes bénéfices du groupe l’année dernière (plus de 40 milliards de francs).

En fait, il s’agit de prises de position démagogiques. Les réquisitions de logements restent à faire. La réalité, sur le terrain, est aux mobil-homes, aux gymnases transformés en abris de fortune, aux appartements à tous vents, aux propositions de relogement faites par les pouvoirs publics dans des villes aussi voisines de Toulouse que... Montauban ou même Colmar ! Et on n’a vu aucun des dirigeants politiques réclamer des pouvoirs publics la mise sous séquestre des bénéfices du groupe Total pour garantir le paiement immédiat des dommages subis par la population !

... à la démagogie et au chômage « technique »

Par ailleurs les politiciens locaux, relayés par les ténors nationaux, ont tenté de constituer une véritable « union sacrée » en se prononçant pour le déménagement des usines du « pôle chimique » de Toulouse-Sud, c’est-à-dire AZF, mais aussi la Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE) et Tolochimie, filiale de la SNPE. Par contre, pas un mot sur le sort des travailleurs des entreprises concernées. Que deviendront-ils ? Qui paiera leurs salaires ? Sont-ils promis au chômage ? Et de quelle manière la sécurité serait-elle assurée dans des usines reconstruites ailleurs, c’est-à-dire pour les nouveaux riverains – il n’y a pas de désert en France ! – et pour ceux qui y travailleront ? Douste-Blazy, pas plus que tous les autres politiciens, n’a aucune réponse à de telles questions ! Quant à faire payer à Total les salaires à venir de ses propres salariés comme ceux des travailleurs des petites boîtes sinistrées, personne n’en parle.

Jean-Jacques FRANQUIER

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