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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 18, novembre-décembre 2001 > DOSSIER : Afghanistan, crimes et méfaits capitalistes

DOSSIER : Afghanistan, crimes et méfaits capitalistes

Le désastre de l’intervention soviétique

Mis en ligne le 1er décembre 2001 Convergences Monde

Zaher Shah, que les Américains veulent ressortir aujourd’hui d’un exil de près de 30 ans, devint roi en 1933, dans un pays très pauvre ayant gardé une structure féodale. De 1953 à 1963, son cousin Daoud, Premier ministre, tenta des réformes (économie et statut des femmes). Surtout il se rapprocha de l’URSS. A cette époque en effet, l’Afghanistan revendiquait le Baloutchistan à majorité pachtoune, c’est-à-dire le nord-ouest du Pakistan, Etat tout juste créé en 1947 au départ des Anglais des Indes et qui reçut – en pleine « guerre froide » – le soutien des USA. D’autant plus que l’Inde rivale, elle, se rapprochait aussi de l’URSS.

Une tentative d’instaurer un parlementarisme à l’occidentale, menée après 1963, échoua. Moins de 10 % de la population participa aux élections et la chétive aristocratie autour de la famille royale bloqua tout. Mais au sein de la petite couche d’intellectuels et de citadins s’affirmèrent des groupes de gauche, partisans de réformes démocratiques bourgeoises, en particulier dans l’armée formée à l’école soviétique.

En 1973, Daoud déposa Zaher Shah et proclama la république, qui ne faisait que maintenir les privilèges économiques de l’ex-aristocratie pachtoune et un Etat inefficace et corrompu. Pour contrebalancer l’influence soviétique, il se rapprocha des autres pays musulmans. Moscou poussa alors au regroupement de la gauche « marxiste » (les groupes Khalq et Parcham) dans un « Parti Démocratique et Populaire ».

Fin avril 1978, Daoud fut renversé et tué par des militaires qui donnèrent le pouvoir aux « communistes » du PDP. Mais, outre que l’étiquette « marxiste » provoqua une réaction islamique qui se traduisit par un premier exode, puis par l’apparition de guérillas, les factions rivales Khalq et Parcham se mirent vite à régler leurs comptes entre elles. Purges, emprisonnements et assassinats ! Dès août 78, Babrak Karmal et le Parcham furent évincés par Taraki, du Khalq, qui fut assassiné en septembre 79 par Amin, son second, qui se lança dans des purges sanglantes.

Le 26 décembre 1979, Moscou décida d’intervenir. Amin fut abattu et Karmal revint dans les fourgons de l’armée soviétique, qui envoya dans un premier temps 100 000 hommes. Le but de Moscou était de remettre de l’ordre parmi les soi-disant « communistes » (plus simplement dit les partisans de l’alliance russe) dont les querelles meurtrières ne pouvaient que faire le jeu des forces les plus conservatrices qui remettaient en cause cette alliance et les réformes (en particulier la réforme agraire) lancées par le régime.

En fait l’intervention soviétique et les dix ans de guerre qui ont suivi ont non seulement ruiné le pays mais renforcé ces forces conservatrices. Si le pouvoir dit « communiste » avait incontestablement permis une amélioration du sort des femmes (éducation, travail, droits), du moins dans les villes, elles ont aujourd’hui tout perdu, et au-delà.

Najibullah succèda en 1986 à Karmal, démissionné par ses protecteurs russes, et promulgua une constitution instituant le pluripartisme et reconnaissant la prépondérance de l’Islam. Mais cette ouverture fut rejetée par une opposition armée dont les forces n’avaient cessé de grandir et qui était passée de plus en plus sous influence islamiste. Le régime tomba moins de 3 ans après le retrait des soviétiques en 1989.

Bertrand BLEQUE

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