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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 29, septembre-octobre 2003 > DOSSIER : Altermondialisation : réforme ou révolution ?

DOSSIER : Altermondialisation : réforme ou révolution ?

Taxe, mensonges et vidéo

Mis en ligne le 26 septembre 2003 Convergences Politique

« C’est LO qui a fait échouer la taxe Tobin au parlement européen ! » Que de fois cette fable a été entendue, colportée de bonne ou de mauvaise foi dans les milieux altermondialistes et plus largement à gauche.

Effectivement, le 20 janvier 2000, une résolution dont un paragraphe - assorti de toutes sortes d’attendus prônant la stabilisation du capitalisme - demandait à la commission européenne de présenter dans les six mois un rapport sur la faisabilité de la taxe Tobin, était rejetée par 226 voix contre 223, les trois élues LO ayant voté contre, et un élu LCR s’étant abstenu.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette résolution avait été rédigée conjointement par la gauche - groupes PSE (socialistes), Verts-ALE, GUE (Gauche unitaire) - et par des éléments clairement classés à droite : ELDR (libéral), et même deux pasquaïens du groupe UEN. Il s’agissait en cela d’un double coup fourré, un de la part de la gauche, un autre de la part de la droite.

A droite, non content de se donner à peu de frais une petite auréole « sociale », certains n’étaient pas fâchés à l’idée d’enterrer définitivement la taxe Tobin à l’échelon européen où les conservateurs de tous poils sont majoritaires. L’Europe conclurait au caractère « infaisable » de la taxe, point final.

A gauche le calcul était plus retors : en janvier 2000, les sociaux démocrates et leurs alliés étaient au pouvoir dans la majeure partie des pays de l’Union Européenne. Là où ils disposaient de confortables majorités parlementaires et du pouvoir exécutif, pas question de proposer la taxe Tobin ! Mais comme ils avaient agité ce hochet pendant les campagnes électorales, soumettre une résolution au parlement européen était une bonne façon de se dédouaner : qu’elle soit votée ou non, la résolution était vouée au fiasco, et on pourrait toujours dire qu’on avait essayé. Que tout cela était uniquement destiné à amuser la galerie, la gauche en était tellement consciente que certains députés ne se déplacèrent même pas pour voter, à commencer par Robert Hue qui au moment du vote participait à une réception au ministère des transports en compagnie du PDG Lagardère.

Le rôle des révolutionnaires, dans un parlement, est précisément de dénoncer ce type de mascarades. En votant contre, les députées de Lutte ouvrière n’ont fait que leur travail.

Julien FORGEAT

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