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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 29, septembre-octobre 2003

Editorial

Quelques raisons de se féliciter… de leurs motifs d’inquiétude

Mis en ligne le 26 septembre 2003 Convergences Politique

Pour l’heure, le gouvernement en rajoute : nouveaux cadeaux fiscaux aux plus riches, confiscation des misérables indemnités des chômeurs en fin de droit, projet de suppression d’un jour férié… Dans le même temps la cascade des licenciements continue, le gouvernement montrant l’exemple avec les suppressions de postes dans les services publics.

Peu importe que la cote de Raffarin s’effondre. Le gouvernement passe en force les mesures scélérates, accompagne le rouleau compresseur du patronat, prend impudemment, et imprudemment, quelques petites revanches sur la peur que lui ont inspirée les grévistes du printemps dernier… avant que le vent social ne se lève à nouveau. Incurie pendant la canicule, cynisme et précipitation à l’automne. L’exaspération sociale pourrait bien se doubler d’une colère politique bien difficile à canaliser par la traditionnelle alternance droite gauche.

Car si le gouvernement de droite est en train de se discréditer à grande vitesse, la gauche gouvernementale n’a regagné aucun crédit, et d’ailleurs rien fait pour.

D’où certains sujets d’inquiétude chez ces gens-là.

Le fait marquant lors des dernières grèves, chez les enseignants mais aussi à la Poste et chez les cheminots, sans parler des intermittents du spectacle, a été, là aussi, un an après les présidentielles, une percée manifeste de l’extrême gauche. Pas au point d’empêcher les appareils bureaucratiques syndicaux de s’opposer à la généralisation du mouvement. Mais suffisamment pour commencer à populariser des formes démocratiques de la lutte, ces assemblées générales et coordinations qui ont d’emblée donné son impulsion au mouvement et ses perspectives.

L’extrême gauche commence à compter dans les luttes sociales. Elle montre que son impact dépasse le simple geste « protestataire », comme disent les politiciens, à l’occasion des élections.

Et puis, à ce premier sujet d’inquiétude du côté du manche, vient s’en ajouter un autre :

Lutte ouvrière et la Ligue communiste révolutionnaire, que l’on disait volontiers soeurs ennemies, viennent d’engager la discussion pour se présenter ensemble aux prochaines élections européennes et régionales. Les deux organisations semblent vouloir aboutir à un accord rapide. Pour l’extrême gauche, et tous ceux qui regardent vers elle, c’est l’excellente nouvelle de la rentrée. Pour les dirigeants du Parti socialiste, du PC et autres tendances de la « gauche plurielle », c’est franchement la mauvaise.

Et si nos deux organisations sont capables de se mettre d’accord dès ce mois de septembre sur un programme d’urgence pour les travailleurs de ce pays et du reste de l’Europe, cela veut dire également qu’elles se mettent en situation de s’entendre pour se préparer aux prochaines luttes sociales, lesquelles pourraient survenir dans des délais très proches, ou du moins s’y préparer. Une entente explicite sur ce terrain serait un deuxième sujet d’irritation pour les appareils réformistes, syndicaux ou politiques, et de quelque inquiétude pour les milieux patronaux et gouvernementaux. Mais un motif d’espoir pour tous les militants ouvriers qui recherchent de nouvelles perspectives.

Le 20 septembre 2003

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