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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 116, décembre 2017 > Le spectre de l’ubérisation

Le spectre de l’ubérisation

Start-up, plateformes et autres « licornes » : la nouvelle bulle financière ?

Mis en ligne le 13 décembre 2017 Convergences Société

Le 17 novembre, Deliveroo a annoncé une levée de fonds de 98 millions de dollars, qui s’ajoute à une précédente de 384 millions fin septembre, pour un total de 955,7 millions depuis 2014. Le capital de l’entreprise, créée en 2013, dépasse à présent deux milliards de dollars. La plateforme de livraison de repas fait partie de ces « licornes », nom donné aux start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars.

Force est de constater que ces licornes attirent beaucoup d’argent et qu’elles sont de plus en plus nombreuses. Selon un rapport du conseil d’État sur l’ubérisation, elles étaient 138 en 2015, 174 en 2016 et près de 190 en 2017, dont 70 % sont des plateformes numériques de mise en relation. Uber bat sans doute des records, avec 68 milliards de fonds levés depuis sa création en 2009… pour un chiffre d’affaires d’à peine 6,5 milliards de dollars en 2016.

Visiblement, de l’argent il y en a et les capitalistes sont friands de nouvelles technologies. Seul problème : la plupart de ces start-up perdent de l’argent. Uber a perdu 2,8 milliards de dollars en 2016, soit la moitié de son chiffre d’affaires. C’est que la firme est en pleine expansion, elle est maintenant présente dans plus de 500 villes, dans 70 pays. Son nombre de courses a doublé l’an dernier. Pour cela, elle subventionne les chauffeurs qui se lancent et propose des tarifs attractifs dans les villes où elle cherche à gagner des parts de marché et à éliminer la concurrence. Ce n’est que dans un deuxième temps que les tarifs augmenteront, qu’Uber pressurisera les chauffeurs et deviendra rentable – peut-être. En France, où il est bien installé, Uber a augmenté ses tarifs de 5 % en 2016 et sa rentabilité de… 40 % ! Pour cela, il a augmenté ses commissions, réduisant d’autant le revenu des chauffeurs.

Et ce type de start-up, dont les profits montent en flèche, serait le nouveau capitalisme, créateurs des nouveaux emplois ? Au point que nos gouvernants mettent en place, à coups de subventions, des « incubateurs de start-up » ? Peut-être. Le problème dans ces envolées financières, c’est qu’il y a des perdants… et ce sont en général les travailleurs. Quand les milliards s’investissent dans tous les sens pour gagner des parts sur de nouveaux marchés, il y a toujours un moment où le nombre de parts n’y suffit plus. Et alors c’est la crise avec licenciements à la clé. Comme en 2001, où l’emballement pour les nouvelles technologies et les start-up était déjà en cause. Les capitalistes se méfient d’ailleurs déjà eux-mêmes, comme en témoignent le yo-yo du cours des start-up introduites en bourse ou la faillite de la plateforme de livraison de repas Take Eat Easy en 2016 qui n’est pas due à un manque de clients, mais à des difficultés pour lever de nouveaux fonds permettant de financer son développement.

Tant que les nouveaux millions viennent payer les pertes des plateformes, tout semble aller bien. Mais le retour de bâton ne manquera pas d’arriver et les travailleurs doivent se préparer à se battre pour faire payer les capitalistes et ne pas subir eux-mêmes les errements du capitalisme.

M.S.

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