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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 116, décembre 2017

Mélenchon – Macron : zéro partout

Protégez-nous de nos prétendus amis…

Mis en ligne le 13 décembre 2017 Convergences Politique

Surpris, étonnés ? Un certain nombre des militants n’ont pas manqué de l’être. Eux qui préparaient la journée du 16 novembre contre la réforme du code du travail, à laquelle appelaient la CGT, la FSU, Solidaires, et même FO après que Mailly – plus que bienveillant à l’égard de Macron – avait été fortement désavoué par sa base. Ne voilà-t-il pas que Mélenchon, d’Athènes, déclarait le 28 octobre que l’avantage était à Macron, que « c’est lui qui a le point », ou encore que « Normalement l’avalanche devrait avoir lieu, mais elle n’a pas lieu ».

Nul doute que ces militants aient eu nettement l’impression que le leader de « la France insoumise », pour lequel ils avaient pourtant été nombreux à voter aux dernières présidentielles, leur « savonnait la planche », plus de deux semaines avant ladite journée d’action, alors même que la préparation de celle-ci se faisait dans des conditions difficiles. Car bien des travailleurs, s’ils sont franchement opposés au projet du gouvernement, semblent plus que sceptiques sur la possibilité de le lui faire remballer par des manifestations savamment échelonnées dans le temps. La volonté des directions syndicales face à une offensive gouvernementale visant en fait tous les travailleurs, de fractionner le mouvement de mécontentement, un jour les routiers, un jour le secteur privé, un jour les fonctionnaires, un jour les retraités, etc. n’était destinée qu’à « fatiguer le poisson » du mécontentement. On l’avait vu au printemps 2016 contre la première « loi travail », la loi El Khomri, on l’a revu en plus caricatural encore cet automne.

Mélenchon quant à lui tonitruait : après les manifestations syndicales des 12 et 21 septembre, il avait mis sur pied sa propre manifestation, le 23 septembre à Paris, de la Bastille à la République. Devant ses partisans il promettait ce jour-là rien moins que de « déferler à un million sur les Champs-Élysées », derrière les organisations syndicales, le jour où la loi travail de Macron passerait devant le parlement. Le tout ponctué d’une Marseillaise.

Un mois plus tard, à Athènes donc, l’Allons-z-enfants-de-la-patri-i-e perdait son allant, et son ténor s’inclinait devant la victoire de Macron par un point à zéro. Celui qui voulait se donner l’air du meilleur combattant, sonnait le moment de la retraite… Sauf pour de prochaines échéances électorales, bien entendu.

Mais d’ici les prochaines élections, il fallait bien rebooster ses partisans désarçonnés par sa révérence à Macron. Alors, devant la convention de la France insoumise, réunie les 25 et 26 novembre à Clermont-Ferrand, Mélenchon a découvert les coupables de la défaite : les syndicats, derrière lesquels il proposait le mois d’avant de tous se ranger. Et le tribun de déclarer : « Cette bataille a été menée en dépit du bon sens. La division syndicale nous a nui d’une manière incroyable. Honte à ceux qui en ont été responsables ! ». La rue c’est pour les syndicats, et ils n’en veulent pas. La politique c’est pour moi Mélenchon, laquelle s’enferme dans la boite de ma « révolution par les urnes ». Et le tour est joué.

Avec des chefs comme ça, le prolétariat n’est pas sorti de l’auberge ! Mais en faut-il vraiment des chefs pour que les travailleurs puissent défendre efficacement leurs intérêts ? Plutôt que d’attendre des réponses de directions syndicales ou de politiciens bourgeois, toujours prêts à les mener en barque, il faudra bien qu’à un moment ou à un autre ils imposent leurs propres décisions dans des assemblées générales, constituent leurs propres directions en élisant des comités sous leur contrôle et fassent eux-mêmes la liaison d’une entreprise à l’autre, d’un secteur à l’autre et unifient ainsi leurs forces.

Rappelons-nous ces paroles de l’Internationale – pas de la Marseillaise, non !

« Il n’est pas de sauveur suprême
Ni dieu ni César ni tribun
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes
Décrétons le salut commun »

1er décembre 2017, Louis GUILBERT

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