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DOSSIER : Hollande et Merkel face aux réfugiés : Leur duplicité, notre solidarité

Reportages : une autre vision du voyage

Mis en ligne le 6 octobre 2015 Convergences Monde



  • Dans la mer il y a des crocodiles

Fabio Geda

Éd. Liana Levi, coll. Piccolo, 2012, 174 pages, 8,50 euros.


Ce livre a en fait deux auteurs. Le premier, Fabio Geda, romancier à ses heures, rencontre le second dans le cadre de son travail d’éducateur pour jeunes migrants à Turin, en Italie. Ce dernier, surnommé Enaiat, a commencé son parcours migratoire à l’âge de 10 ans. Issue de la minorité hazara d’Afghanistan, sa famille encourt les persécutions des taliban. Aussi sa mère décide-t-elle de le confier à un marchand de thé de Quetta, ville pakistanaise située juste à côté de la frontière afghane. Débrouillard, Enaiat ne tarde pas à se lancer dans l’aventure de la migration…

Si Fabio Geda a incontestablement mis en mots ce récit, il l’a fait sur la base du seul récit de son jeune partenaire, et en se mettant dans sa peau, à la première personne du singulier. Des dialogues entre les deux auteurs ponctuent l’histoire, offrant ici et là une respiration bienvenue. C’est peu dire que ce livre est riche en émotions : solidarité des enfants des rues hazaras surgissant de nulle part au moment où Enaiat va se faire racketter par des adolescents pachtounes, peur d’être touché par les tirs des flics iraniens, douleur du voyage à travers la Turquie dans le plancher à double fond d’un poids lourd… Simple sans être simpliste, la langue de Geda est à la fois accessible à tous et pudique.

M.P.



  • Ceux qui passent

Haydée Sabéran

Carnets nord, 2012, 254 pages, 20 euros.


Correspondante à Lille du quotidien Libération depuis plus de quinze ans, l’auteure a été amenée à couvrir régulièrement l’actualité de Sangatte et ses alentours, principal point de passage clandestin vers la Grande-Bretagne. Cette présence dans la longue durée lui a permis de nouer des relations de confiance avec des migrants venus du monde entier pour tenter de franchir la Manche. Confiants dans sa capacité à raconter leur histoire sans leur nuire, ceux-ci lui ont livré la matière à un reportage exceptionnellement dense sur l’immigration clandestine. Le livre aborde son fonctionnement et ses réseaux, mais aussi la dynamique qui pousse les migrants à prendre des risques considérables pour s’installer en Grande-Bretagne. Il n’omet pas de citer les sources policières lorsqu’elles apportent un éclairage utile. Jamais misérabiliste, mais jamais complaisante non plus, Haydée Sabéran dévoile un monde dur, où la violence d’État renforce celle des passeurs, où la solidarité est une question de survie. Calquant son déroulement sur celui du trajet migratoire, elle conclut son ouvrage par une visite à des contacts parvenus en Grande-Bretagne. Certains d’entre eux, bien qu’arrivés au terme de leur voyage, n’ont pas encore dans leur tête vraiment posé les valises…

M.P.



À lire également :

  • Catherine Wihtol de Wenden, Les nouvelles migrations. Lieux, hommes, politiques , éd. Ellipses, 2013.
  • De la même auteure, en collaboration avec Madeleine Benoît-Guyod, Atlas des migrations. Un équilibre mondial à inventer , éd. Autrement, 2012. Deux ouvrages de synthèse par une spécialiste reconnue des migrations.
  • Claire Rodier, Xénophobie business , La Découverte, 2012. Pour comprendre comment des capitalistes trouvent le moyen de faire leur beurre avec les politiques migratoires des pays riches.
  • Collectif Migreurop, Atlas des migrants en Europe , A. Colin, 2012.

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