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DOSSIER : Hollande et Merkel face aux réfugiés : Leur duplicité, notre solidarité

L’Italie, de terre d’émigration à terre d’immigration

Mis en ligne le 6 octobre 2015 Convergences Monde

Si les gouvernements de l’Union européenne cherchent à empêcher « l’afflux » des immigrés, il ne faut pas oublier que dans un passé récent des pays européens ont vu, eux aussi, une grande partie de leur population s’exiler.

C’est le cas de l’Italie, aujourd’hui terre d’immigration, qui a été pendant longtemps un pays d’émigration.

En l’espace d’un siècle (1870-1970), 24 millions d’Italiens sont partis à l’étranger. Ils quittaient notamment le Sud du pays pour chercher du travail dans les pays industrialisés d’Europe du Nord (France, Belgique, Suisse…) ou s’exilaient aux États-Unis et en Amérique du Sud (Argentine, Brésil) où les terres à cultiver nécessitaient une importante main-d’œuvre.

La première vague, que l’on a appelée « la grande émigration », a été celle de la fin du 19e siècle et du début du 20e (de 1870 à la guerre de 14), où on estime à environ 14 millions le nombre d’Italiens partis à l’étranger sur une population d’environ 33,5 millions en 1900. De nombreux villages se dépeuplèrent complètement. Aujourd’hui encore, dans le sud du pays, le Mezzogiorno, on peut voir les ruines de ces « villages morts ».

Un travailleur italien de cette époque répondait à un ministre : « Qu’entendez-vous par nation, monsieur le ministre ? Vous nous conseillez de ne pas abandonner notre patrie. Mais c’est une patrie la terre où l’on n’arrive pas à vivre de son travail ? »

Interrompue pendant les années du fascisme, l’émigration a repris après la fin de la guerre jusqu’au développement économique des années 1960.

Depuis la crise de 2007-2008, on assiste à une « nouvelle émigration », en particulier de jeunes qui quittent l’Italie pour chercher du travail en Allemagne ou en France, mais aussi aux USA, au Canada ou en Australie. Le taux de chômage des jeunes est supérieur à 40 %, mais il dépasse 50 % dans le sud du pays, et ces chiffres ne prennent pas en compte tous ceux qui ont renoncé à s’inscrire comme demandeurs d’emploi.

En 2013, selon les statistiques officielles, 95 000 Italiens sont partis… davantage que les immigrés arrivés en Italie cette même année.

Thierry FLAMAND


« Quando gli immigrati italiani eravamo noi… » (Quand les immigrés c’étaient nous)

Les Italiens partis à l’étranger ont été eux aussi victimes du rejet et de la xénophobie, et l’intégration de la première génération a été souvent difficile. Voici comment ils étaient décrits en octobre 1912 dans un rapport présenté par l’Inspecteur pour l’Immigration au Congrès des États-Unis.

« Ils sont généralement de petite taille et de peau sombre. Ils n’aiment pas l’eau, beaucoup d’entre eux puent parce qu’ils gardent la même chemise pendant des semaines. Ils construisent des baraques en bois et en aluminium dans la périphérie des villes. Quand ils réussissent à se rapprocher du centre, ils louent à bas prix des appartements en ruine. Ils se présentent habituellement à deux, cherchant une pièce où pouvoir faire la cuisine. Au bout de quelques jours, il en arrive quatre, six ou dix.

Beaucoup d’enfants sont utilisés pour mendier, mais souvent devant les églises, des femmes habillées de noir et des hommes presque toujours âgés demandent l’aumône en se lamentant.

Ils font beaucoup d’enfants, qu’ils ont du mal à élever. On dit qu’ils ont l’habitude de voler, et si l’on cherche à les en empêcher, deviennent violents.

Nos gouvernants ont ouvert trop grand l’entrée des frontières, mais surtout ils n’ont pas su sélectionner, parmi eux, ceux qui viennent dans notre pays pour travailler et ceux qui espèrent y vivre d’expédients, voire d’activités criminelles. »

Des propos qui ne sont pas sans rappeler ceux tenus actuellement par Salvini, le leader de la Ligue du Nord, ami de Marine Le Pen et organisateur des défilés « contre l’invasion des immigrés ».

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