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DOSSIER : Moyen-orient, Israël, Etats arabes, Autorité palestinienne... Les pions de l’impérialisme

Pour le droit des Palestiniens à un Etat

Mis en ligne le 16 mai 2002 Convergences Monde

Le long et pénible combat du peuple palestinien contre l’oppression, la spoliation et la colonisation dont il est la victime depuis cinquante ans mérite tout notre soutien. Son aspiration à l’indépendance, aspiration qui ne peut faire de doute, est plus que légitime. Les communistes révolutionnaires soutiennent sa revendication à un Etat et à un territoire, son droit à l’imposer et sa lutte pour cet objectif.

Cela ne signifie pourtant pas avoir l’illusion que, cet objectif atteint, seraient résolues les questions nationales ou sociales de la région – pas plus pour les Palestiniens que pour d’autres peuples – encore moins que serait mis fin aux oppressions, aux injustices dont sont victimes les pauvres et les travailleurs. Nulle part dans le monde l’indépendance nationale n’a apporté cela. Dans la situation du Moyen-orient c’est encore plus improbable qu’ailleurs.

Cet Etat dans des frontières forcément étriquées serait déjà bien incapable de satisfaire les besoins sociaux de sa propre population vivant dans le sous-développement. Cette situation économique misérable l’obligerait soit à se lier à Israël soit à rester dépendant des dictatures arabes, si ce n’est pas simplement de la charité internationale et des USA. Israël lui-même, qui avait au départ bien d’autres atouts, ne reste-t-il pas encore dans la dépendance de l’impérialisme ?

Rien déjà ne permet de croire que sur de telles bases cet Etat serait démocratique et laisserait les libertés au peuple palestinien, comme l’a montré l’expérience de l’Autorité palestinienne aux mains d’un petit groupe corrompu et dictatorial. Il est encore moins garanti que les Palestiniens qui vivraient dans cet Etat y trouveraient un emploi, une vie décente, un minimum de bien-être, les logements, l’éducation et la santé qui leur sont actuellement refusés. Tout indique au contraire qu’il ne pourrait régler ni les questions sociales ni celle des réfugiés dont la plus grande partie soit resterait à végéter dans les pays voisins, soit viendrait s’entasser dans des conditions encore pire en Palestine même si ces pays voisins prenaient prétexte du nouvel Etat pour les expulser de chez eux. Dans ces conditions il est fort à parier que la paix que ce Etat serait censé apporter ne durerait pas bien longtemps et que guerres, guerres civiles et terrorisme reprendraient bien vite.

Des Etats-unis du Moyen-orient ?

La création d’Israël dans les conditions où elle s’est faite, l’éviction et la dispersion des Palestiniens dans tout le Moyen-orient a fait de la question palestinienne la question de toute la région. Elle ne peut donc avoir de solution qu’à l’échelle de toute la région. La création d’un Etat palestinien serait de bien peu d’utilité pour les Palestiniens eux-mêmes (sauf à quelques bourgeois, politiciens, flics et militaires) si elle n’est pas accompagnée d’une mise en commun des ressources de tous les pays et tous les Etats du Moyen-orient, Israël compris bien entendu.

Ces Etats-unis du Moyen-orient, on l’imagine aisément, ne peuvent être que socialistes. Ils ne peuvent se construire sans l’entente de tous les opprimés, pauvres et travailleurs, tous ceux qui quels que soient leur lieu de résidence, leur nationalité ou leur religion ont les mêmes intérêts. Ils ne peuvent se construire sans reprendre aux classes possédantes israéliennes ou arabes, mais aussi occidentales, toutes responsables du chaos actuel, les richesses qu’elles ont accaparées dans la région.

Les nationalistes palestiniens ne se donnent pour but que la création d’un Etat. Mais sans révolution sociale dépassant les frontières, bousculant la domination impérialiste, les Palestiniens risquent bien de ne voir changer que la nationalité de leurs gardiens de prison. C’est pour cela que tout en soutenant le droit des Palestiniens à cet Etat, les révolutionnaires sont les adversaires de ces nationalistes comme des sionistes, combattent leur programme et lui opposent le programme communiste. Car le premier n’est en aucune façon une marche menant au second. L’un et l’autre représentent les intérêts des deux classes antagonistes de la société palestinienne comme israélienne, la bourgeoisie et le prolétariat.

R.P.

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