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DOSSIER : Moyen-orient, Israël, Etats arabes, Autorité palestinienne... Les pions de l’impérialisme

Camp David et Taba : les négociations de la dernière chance ?

Mis en ligne le 16 mai 2002 Convergences Monde

Sept ans après les accords d’Oslo les USA parrainaient de nouvelles négociations à Camp David, en juillet 2000, puis à Taba, en décembre 2000 et janvier 2001, les premières juste avant le déclenchement de la deuxième Intifada, les secondes quelques mois après.

L’explication israélienne de l’échec de ces « négociations de la dernière chance », largement reprise aux Etats-unis comme en France, est résumée par Shlomo Ben Ali, ex-ministre israélien des affaires étrangères et de la sécurité intérieure : « Pour Arafat Oslo était un grand camouflage derrière lequel il s’est masqué. Il est entré dans un processus qui n’était pas à ses yeux destiné à légitimer le principe de deux Etats pour deux peuples, mais à créer une base et un tremplin pour une entreprise combinant des démarches politiques et le recours au terrorisme afin de mettre en question de manière progressive la légitimité de l’existence d’Israël ». Arafat serait donc le responsable de l’échec final des accords d’Oslo, par une intransigeance camouflant son dessein d’avoir la peau d’Israël.

L’intransigeance d’Arafat

En fait ce sont au contraire les dirigeants israéliens, derrière Ehoud Barak, premier ministre travailliste, qui ont saboté Camp David puis Taba en tendant un piège à Arafat. D’abord en adoptant une attitude délibérément provocante voire insultante. A Camp David, Barak refusa de négocier directement avec Arafat à qui il transmit par écrit ses propositions – « à prendre ou à laisser », selon ses propres termes.

Ensuite en le coinçant et lui interdisant toute marge de manœuvre. Depuis plusieurs années d’application des accords intérimaires, qui avaient suffisamment montré aux Palestiniens quelle misère ils leur promettaient, Arafat avait multiplié les concessions. Au moment de Camp David, un certain nombre d’engagements israéliens n’étaient pas tenus, dont le retrait de plusieurs parties de la Cisjordanie et le transfert aux Palestiniens du contrôle des villages jouxtant Jérusalem. La politique des colonies se poursuivait, ainsi que les confiscations de terres. Les accords de libération des prisonniers palestiniens n’étaient pas appliqués. Or les Israéliens exigeaient de fait de nouvelles concessions.

En quoi consistaient en effet les « offres généreuses » du gouvernement israélien ? Il proposait de céder au futur Etat palestinien 91 % des territoires occupés en 1967. Mais ces plans laissaient les meilleures terres et l’essentiel des ressources en eau aux colonies. Et ils étaient en retrait par rapport aux accords d’Oslo, qui envisageaient la restitution de l’intégralité des territoires occupés. Barak refusait aussi d’appliquer les accords de Wye River d’octobre 1998 sur le retrait de l’armée israélienne de Cisjordanie – au point que Clinton, pourtant totalement solidaire de la délégation israélienne, lui fit remarquer que « ça n’allait pas de soi de revenir sur un document signé ».

A Camp David, le gouvernement israélien a tenté de mettre Arafat dans la position du vendu prêt à brader les intérêts des Palestiniens. En d’autres termes il ne lui a pas laissé d’autre choix que de refuser.

Trois mois après le déclenchement de la nouvelle Intifada, les négociations de Taba tentèrent de renouer le fil rompu à Camp David. Cette fois, les Israéliens proposèrent de céder 94 % des territoires ; ce à quoi la délégation palestinienne répondit : « dans une prison, 95 % de l’espace est pour les prisonniers, […] mais les 5 % restant sont tout ce qui est nécessaire aux gardiens de la prison pour contrôler les prisonniers ». De toute façon Barak, en pleine rivalité électorale avec Sharon qui devait finalement le remplacer au poste de Premier ministre quelques jours plus tard, n’avait pas l’intention d’apparaître comme l’homme qui avait cédé aux Palestiniens.

S.C.

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