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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 21, mai-juin 2002

Des lecteurs, des opinions

A propos des OGM et de la Confédération paysanne

Mis en ligne le 16 mai 2002 Convergences

...L’approche avec laquelle Convergences révolutionnaires traite les anti-mondialisations en soulignant à la fois les côtés positifs du phénomène mais aussi les illusions qu’il suscite – y compris à l’extrême-gauche – est tout a fait fondée.

Cependant, dans le dossier « Combattre la mondialisation ou le capitalisme ? » [numéro 20], le maillon faible me paraît être l’article sur les OGM, tant pour des questions de forme que de fond.

Sur la forme d’abord. Bernard Rudelli affirme en gros que ceux qui s’opposent aux OGM (ATTAC, Les Amis de la Terre, la Confédération paysanne) se gardent bien de dénoncer « les fabricants de tracteurs, les producteurs d’engrais, le Crédit Agricole et même Leclerc et Carrefour ». Pour parler de ce que je connais un peu, en l’occurrence de la Confédération paysanne puisqu’ici plus de la moitié des paysans vote pour elle aux élections à la Chambre d’agriculture, il est absolument faux de dire qu’elle ne dénonce pas les trusts des engrais, le Crédit agricole ou la grande distribution. C’est exactement le contraire. Non seulement elle les dénonce mais elle mobilise assez souvent ses troupes pour des opérations « coups de poing » dans les grandes surfaces ou les agences du Crédit agricole afin de montrer comment les uns et les autres exploitent la petite paysannerie. On peut bien entendu contester les tenants et les aboutissants de ces combats, voire en souligner leurs limites. Mais les ignorer est au mieux erroné, au pire malhonnête. D’autre part la Confédération Paysanne n’est pas pour un retour à l’agriculture de grand papa mais pour un emploi raisonné du matériel agricole et des engrais. Là encore cela mériterait un minimum de discussion de leurs arguments plutôt qu’une pirouette pour les mettre hors jeu comme des tenants de « la poésie du geste auguste du semeur ».

Sur le fond, le fait que les multinationales (Monsanto, Novartis, Limagrain Pioneer-Dupont...), qui contrôlent déjà le marché des engrais, se livrent à un « hold-up sur le vivant » n’est pas niable. Même si cela n’est pas en soi étonnant. Marx avait prédit il y a bien longtemps que la société bourgeoise transformerait toutes choses (air, eau, travail, culture, relations humaines...) en marchandises. C’était l’idée de la réification. Mais le fait que des éléments de base de la vie comme les gênes – puissent être labellisés et vendus comme de simples marchandises choquent des gens qui, par ailleurs, ne sont pas nécessairement hostiles à l’économie bourgeoise. II faut plutôt s’en réjouir en leur montrant que cela n’est que l’aboutissement logique d’une société fondée sur l’exploitation de l’homme par l’homme (le même problème se pose aussi en bioéthique).

Sur un plan plus pratique, il ne faut pas sous-estimer l’impact de l’utilisation forcée des semences transgéniques par les paysans des pays pauvres. Je n’ai pas de statistiques à ma disposition mais je suis persuadé que dans le Tiers Monde plusieurs centaines de millions de paysans et leurs familles subsistent aussi (sans tracteurs et sans engrais Monsanto) avec des cultures vivrières qu’ils font pousser d’une année sur l’autre avec leurs propres semences (c’est par exemple le cas en Martinique à côté des cultures industrialisées comme le sucre et la banane). Souligner que pour eux l’introduction de semences OGM et leur emploi forcé risquent d’avoir des conséquences catastrophiques sur un niveau de vie déjà extrêmement bas. Pour résumer tout ça, je crois que l’article aurait mérité d’être plus fouillé en répondant point par point aux arguments de fond des gens d’ATTAC...

L.S. Bayonne.

11 avril 2002

Voilà donc faite la mise au point que tu jugeais nécessaire. Mais dans nos débats évitons les procès d’intention ou les outrances. Si tu pensais réellement que nos prises de positions, que tu juges erronées, étaient « malhonnêtes » quel sens aurait ce débat ?

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