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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 102, novembre-décembre 2015

Editorial

Non à leur climat d’urgence pour faire taire toutes les colères

Mis en ligne le 9 décembre 2015 Convergences Politique

C’est le branle-bas de combat, avec cette COP 21 : 150 chefs d’État, 40 000 personnes au total réunies au Bourget, soit disant pour enrayer le réchauffement climatique. C’est surtout l’occasion pour François Hollande et son staff de ministres de parader, non pas pour dire « Bienvenue à ceux qui viennent sauver la planète » comme affiché dans le métro, mais pour instaurer un climat de prétendue « guerre contre le terrorisme » qu’ils s’attachent à créer depuis les attentats du 13 novembre, un climat va-t-en-guerre contre les peuples et les travailleurs du monde, dont nous tous ici.

Sauver le climat ou sauver leurs sources de profits ?

Cette COP 21 a lieu sur fond de guerre redoublée que mènent les grandes puissances au Moyen-Orient, par ces nouveaux bombardements sur la Syrie auxquels se livrent désormais, en plus des USA et de la France, la Russie. Bombardements qui s’ajoutent aux exactions guerrières du dictateur syrien Assad, devenu allié des Obama, Poutine et Hollande. Ces chefs de la planète prétendent cibler Daech, mais les populations civiles en sont victimes en masse. Les barbares de Daech ne sont pas les seuls à tirer aveuglément dans le tas ! Combien de nouveaux réfugiés syriens vont-ils ainsi s’ajouter à la liste déjà monstrueuse des 4 millions en errance au Moyen-Orient ou en Europe (un cinquième de la population totale de la Syrie) ?

Hollande déclare la « guerre contre le terrorisme » mais elle dure déjà depuis 14 ans et son résultat a été de multiplier les foyers djihadistes. Tant pis si les bombardements sur la ville syrienne de Raqqa, une prison déjà pour ceux qui y survivent sous la dictature de Daech, feront naître de nouvelles vocations djihadistes. De toute façon, ces sales guerres ont surtout une forte odeur de pétrole, comme l’ont dénoncé des milliers de manifestants samedi dernier à Londres et à Madrid.

Mais qu’à cela ne tienne, ça pavoise en bleu-blanc-rouge… On voudrait nous faire marcher au son du clairon et de la Marseillaise. Hollande en tête, flanqué de Sarkozy et Le Pen, ses bras droits dans l’union nationale, mènent accessoirement leur campagne des régionales, qui prépare celle des présidentielles ! Heureusement que sur ce terrain, tout minoritaire qu’il soit pour le moment, un autre son de cloche se fait entendre, par la voix des candidats de Lutte ouvrière que le NPA soutient.

Sauver le climat ou étouffer toute protestation et lutte ?

C’est aussi, sous prétexte « d’état d’urgence », un genre de guerre intérieure contre tous ceux, militants écologiques, syndicalistes, politiques, qui veulent user de leur droit de manifester contre la politique du gouvernement. Sous prétexte de sécurité, toute mobilisation sur la voie publique est interdite. Oh pardon, toute mobilisation politique ou revendicative. Car en cette veille des fêtes de fin d’année, pour ce qui est des manifestations commerciales, des grands rassemblements et défilés en direction des grands magasins et centres commerciaux, ils sont encouragés ! Faut vendre ! Là on peut risquer sa peau – car les vigiles et flics ne nous protègent pas de tueurs fous, on l’a bien vu le 13 novembre. Mais il faudrait obtempérer ! La prolongation de l’état d’urgence pour trois mois a été votée dans la quasi-unanimité à l’assemblée, du Front national au Front de gauche (tous députés de ce dernier inclus – honte à eux !).

Résultat, la « marche mondiale pour le climat » a été interdite dimanche dernier. Vingt-six militants écologistes, parmi les organisateurs de l’événement, avaient même été perquisitionnés et assignés à résidence préventivement.

Alors que dans le monde entier, des centaines de milliers de manifestants écologistes ont défilé dans une ambiance bon enfant, exprimant leur méfiance face aux doubles discours des gouvernants et des multinationales réunis pour la Cop 21, à Paris la place de la République était bouclée par des centaines de CRS qui ont pris ceux qui y étaient dans une véritable souricière, et les ont attaqués avant d’en embarquer plus de 300. Les manifestants étaient venus avec le slogan « changeons le système, pas le climat », pour dire que les banques, les marchands d’armes, les multinationales du pétrole et les chefs d’État sont le problème et pas la solution. Ils étaient venus pour combattre les gaz à effet de serre, ils ont été reçus par des gaz lacrymogènes !

Ne lâchons rien : l’heure est à l’état d’urgence sociale 

Le ministre de l’Intérieur a dénoncé les agissements d’une « minorité violente » place de la République à Paris. C’est pourtant le gouvernement qui a dicté l’agressivité contre les manifestants, puis a monté en épingle les échauffourées pour justifier a posteriori l’interdiction des manifestations. Manifester serait dangereux ? La police est là pour nous en convaincre ! Mais il serait mille fois plus dangereux de céder aux injonctions à la « trêve » sociale et politique. Il n’y a aucune raison de renoncer aux mobilisations contre les attaques gouvernementales et patronales qui ne connaissent pas de répit ; contre leur guerre au Moyen-Orient et en Afrique qu’ils vont nous faire payer par davantage de sacrifices.

La vie doit continuer, nous disent Hollande et ses amis de l’industrie et du commerce : marchés de Noël, concerts, théâtres, ne lâchons rien ? Aux classes populaires, à nous tous, de ne rien lâcher de nos luttes et mobilisations, sur nos lieux de travail et dans la rue. Pour ce qui est de la défense de nos libertés, de nos salaires, de nos conditions de vie et de travail, oui, nous sommes en état d’urgence.

30 novembre 2015

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