Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 102, novembre-décembre 2015 > DOSSIER : COP 21 : avec de tels sauveurs, la planète est mal barrée

DOSSIER : COP 21 : avec de tels sauveurs, la planète est mal barrée

Le meilleur des mondes verts

Mis en ligne le 9 décembre 2015 Convergences Société

Voilà pour le bilan, en cette COP 21, de la planète finance, en vue d’un capitalisme vert. En 2015.

Quel avenir cela nous prépare-t-il ? Ne soyons pas totalement catastrophistes, en dépit de toutes les fraudes, ruses, lobbyings et effets pervers évoqués dans les articles précédents.

Supposons un instant que le marché des énergies renouvelables prenne de l’ampleur, que dans dix ou trente ans le solaire, les éoliennes, la recapture du carbone, les moteurs à hydrogène, l’hydroélectricité locale, le tout agrémenté de nouvelles prouesses technologiques, deviennent plus rentables que le charbon, le pétrole le gaz et… et même que le nucléaire. Bref, que nos valeureux scientifiques du GIEC puissent se dire que l’humanité ne va pas totalement dans le mur. À quoi pourrait ressembler ce rêve d’écologie de marché ?

Pas besoin de grands efforts d’imagination ni d’écrivains de science-fiction. Nous en avons déjà quelques avant-goûts. On pourrait prendre Dubaï, la nouvelle capitale mondiale de l’écologie, mais oui, avec ses immenses tours à énergie passive ou positive, le nouvel urbanisme vert, en plein désert, néanmoins entouré des bidonvilles où sont parqués dans des conditions esclavagistes les travailleurs immigrés qui les construisent. C’est bien simple, Dubaï, future ville verte modèle, a été sélectionnée pour accueillir l’Exposition universelle de 2020. Universelle, oui. Un modèle de polarisation de la richesse et de la misère, qui aurait dépassé l’imagination de Marx lui-même, et qui est en passe de devenir la règle dans toutes les gigantesques villes du monde dit émergent. Pour ne prendre que deux exemples parmi des dizaines d’autres sur tous les continents, on pourrait partir de l’ultramoderne Lagos au Nigeria (où le pillage, l’expulsion des petits paysans et les exactions de l’armée ont donné Boko Haram), pour parvenir jusqu’aux steppes du Kazakhstan, où la capitale Astana arbore ses tours impressionnantes, mais vertes, évidemment, construites par plusieurs architectes occidentaux avant-gardistes.

Mais bon, là aussi, il s’agit du tiers monde, plus ou moins « émergent », avec ses dictateurs et sa corruption. Voyons plus près de nous. Le modèle civilisé occidental, mieux, européen !… Prenez la belle ville de Hambourg, à l’embouchure de l’Elbe, au nord de l’Allemagne. Elle a reçu le titre de « capitale européenne de l’environnement » en 2011.

C’est bien simple, les Verts ont participé au moins à deux reprises à la gestion municipale, d’abord avec les sociaux-démocrates, puis les conservateurs de la CDU, ce qu’on a appelé « la majorité noire et verte » ! La conviction de ces Verts, c’est que « l’économie et l’écologie sont faites pour s’entendre ». L’économie capitaliste, évidemment. Et elles se sont entendues. Hambourg, ville verte, dispose du quartier d’affaires le plus écologique d’Europe, avec sa tour Marco Polo et entre autres le siège d’Unilever (le géant mondial de l’agroalimentaire et des cosmétiques) : 25 000 m2, la surface la plus importante jamais équipée en ampoules électriques basse consommation (c’était en 2011, depuis, ils ont sans doute fait encore mieux). D’ici la fin du chantier, prévue pour 2025, cette version nordique de Dubaï, comme le rapporte un reportage du Monde diplomatique, doit accueillir 40 000 emplois et 12 000 habitants issus des « classes créatives », comme disent les promoteurs.

En attendant, dans les faubourgs pauvres de la ville, pas de pistes cyclables ni de lofts équipés de chauffage géothermique, mais des cubes de béton sale, chauffés au fioul. Là, la population a droit au système d’assurance chômage le plus coercitif d’Europe où l’allocataire doit effectuer des « jobs à un euro », et même déménager si son logement est jugé trop dispendieux, sous peine de voir l’aide sociale amputée. Résultat : « Hambourg est l’une des villes les plus riches du pays, mais aussi l’une de celles qui comptent le plus de pauvres, explique un membre Die Linke (la gauche de la gauche) du conseil municipal. Ici, ajoute-t-il, un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté ».

Cela, juste pour donner une petite idée du meilleur des mondes verts qu’ils nous préparent. St.M.

Mots-clés : | |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article

Abonnez-vous à Convergences révolutionnaires !

Numéro 102, novembre-décembre 2015