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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 13, janvier-février 2001

Les 35 heures dans une grosse société d’assurance : AXA

Mis en ligne le 1er février 2001 Convergences Entreprises

Les discussions entre la direction et les syndicats d’AXA sur les 35 heures ont abouti en février 2000 à un accord cadre sur l’Organisation et la Réduction du Temps de Travail. Cela concerne plus de 20 000 personnes employées dans des sociétés juridiquement séparées. Sur la base d’une annualisation des heures travaillées (1554 heures) et d’une durée hebdomadaire de 34 heures (sur 46 semaines), les calculs de la direction ont octroyé 14 ou 18 jours de Réduction du Temps de Travail selon les catégories de personnel.

En fait, loin d’accorder des jours de congés en plus, la direction a profité de la loi Aubry pour harmoniser le système des congés et remettre en cause les avantages existants. Jusqu’à présent, la direction d’AXA n’avait pas ou peu touché aux avantages sociaux des employés des différentes entreprises qu’elle avait précédemment rachetées ou avalées (UAP, Drouot, Mutuelles Unies, AG,…). La direction d’AXA a subtilisé des congés qu’elle a réintégrés dans les jours de RTT (comme par exemple les jours d’ancienneté entreprise, les jours supplémentaires donnés pour fractionnement des congés, les jours de ponts,…). Et comme elle n’avait pas embauché les nouveaux sur les anciens statuts, elle a pu présenter comme un gain les jours de congés qu’elle ne leur avait pas donnés (dans la société du groupe où se trouvent les services informatiques, plusieurs centaines de jeunes ont été embauchés depuis trois ans).

Pour une catégorie de personnel particulière, les cadres, elle a imposé à certains le forfait jours, soit un forfait de 207 jours travaillés à l’année. A d’autres, elle a présenté comme une « liberté » pour les cadres de base, la possibilité d’enregistrer leur temps de travail en pointant (décompte en heures) ou en ne pointant pas (décompte en jours) avec l’argument démagogique d’autonomie dans leur travail. Or ce forfait jours lui permet pour toute une catégorie de personnel de ne plus avoir à compter les heures supplémentaires. Cela lui permet également d’organiser des journées de travail de treize heures, car la limite journalière de la durée maximale du travail (10 heures) ne s’applique plus dans ce cas.

A l’informatique qui compte 1250 personnes dont 1000 cadres –bien plus techniciens que « chefs »–, le bénéfice de la direction grâce aux forfaits jours est certain. Et lorsque qu’une grosse charge de travail est subie et qu’un salarié ne peut pas prendre tous ses congés, la loi Aubry l’autorise à mettre le reliquat des jours non pris sur un « Compte Epargne Temps ».

Dans les services administratifs du groupe, la direction gère d’une certaine manière la flexibilité en remettant en cause l’horaire mobile. Sauf résistance, elle essaye d’imposer au personnel des permanences de service sous prétexte que… l’horaire est mobile et qu’il faut être au service du client. D’autre part, pour tous les travailleurs, les droits à bénéficier de jours de réduction de travail tiennent compte du temps de présence effectif. Au delà de dix jours de maladie dans l’année, des jours de Réduction du Temps de Travail sont retirés. Ainsi ces jours de RTT ne sont pas pour tous : se casser une jambe ou se soigner pour une maladie grave est pénalisant !

Il y a quelques années, l’ancien PDG Claude Bébéar se vantait de travailler quatre jours par semaine. Ce n’est pas l’encouragement donné aux employés d’AXA aujourd’hui. C’est ainsi qu’une grosse société comme AXA qui annonce chaque année de gros bénéfices n’a fait que profiter de la loi Aubry pour réorganiser et intensifier la productivité !

Le 30 décembre 2000, Christine Schneider

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