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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 13, janvier-février 2001

Le travail de nuit des femmes : une prétendue égalité avec les hommes

Mis en ligne le 1er février 2001 Convergences Société

En 1882, le travail de nuit des femmes a été interdit en France : il s’agissait à l’époque de veiller à ce que les femmes ne prennent pas le travail des hommes, leur place étant « au foyer et non à l’atelier ».

Un siècle plus tard, en décembre 2000, le gouvernement socialiste vient de rétablir définitivement le travail de nuit des femmes.

La loi Aubry entérine un état de fait

Pratiquement, dès 1987, la loi Seguin sur « l’aménagement du temps de travail » lève l’interdiction du travail de nuit des femmes dans l’industrie, sous réserve de la conclusion d’un accord patronat/syndicats au niveau de la branche et de l’entreprise. L’article du code de travail n’est pas abrogé...mais contourné puisque plus de 650 000 femmes travaillent déjà de nuit, principalement dans les secteurs de la santé, du commerce et des transports dont environ 55 000 dans l’industrie, encore sur la base du « volontariat ». La loi Aubry, par le biais d’un amendement à la proposition de loi sur l’égalité professionnelle a permis son abrogation définitive.

Le travail de nuit pour les hommes comme pour les femmes est néfaste à la santé

L’égalité prétendument visée est en réalité une mascarade. L’être humain quel que soit son sexe n’est pas fait pour travailler la nuit. A moyen terme, le travail de nuit provoque des problèmes de santé irrécupérables : insomnies, perturbations de l’humeur, dépression, problèmes digestifs et cardio-vasculaires sont démultipliés. Inutile d’insister sur les conséquences du décalage social qu’impose les rythmes du travail de nuit : solitude, difficulté à faire des rencontres, à vivre en phase avec ses amis, sa famille, son entourage etc. Pour les femmes, le cycle menstruel se dérègle, les fausses couches et les accouchements prématurés sont plus fréquents. De plus, lorsqu’elles ont des enfants, les études montrent qu’elles dorment en moyenne 1 H 30 de moins dans la journée que les autres salarié-e-s de nuit sans enfant.

Le travail de nuit, un choix ?

Les partisans du travail de nuit des femmes font valoir que celui-ci ne peut être imposé par l’employeur : il s’agirait d’un pur « volontariat ». Mais de quel « choix » parle-t-on au juste ? Choisir entre bosser de nuit avec des primes qui permettent de joindre les deux bouts ou en journée avec des horaires annualisés pour un salaire de misère ? Outre la motivation salariale, de nombreuses femmes expliquent qu’elles ont « choisi » le travail de nuit...pour pouvoir s’occuper de leurs enfants et des tâches domestiques dans la journée !!! Vive le travail de nuit des femmes : après la double journée, le gouvernement socialiste invente la « femme 24/24 » au nom de l’« égalité professionnelle ».

Egalité professionnelle ne doit pas signifier régression sociale

L’objectif visé dans cette affaire est de permettre aux entreprises de rentabiliser l’outil de travail et de flexibiliser au maximum les horaires. Car, il y a une différence entre les métiers où le travail de nuit est nécessaire socialement (hôpitaux, transports collectifs,...) et l’industrie où seule la productivité et les profits accumulés comptent.

Revendiquer l’égalité professionnelle ne doit pas signifier le nivellement par le bas. Lutter pour l’égalité c’est interdire le travail de nuit aussi bien pour les femmes que pour les hommes ; c’est limiter le travail de nuit aux secteurs socialement indispensables, sur la seule base d’un véritable volontariat, c’est garantir des contreparties importantes dans la loi en terme de repos compensateur, de suivi médical, de réduction du temps de travail ; c’est enfin augmenter les salaires des hommes comme des femmes en pénalisant toutes discriminations... afin que le volontariat soit un véritable choix !

Sandra ILIA

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