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Mélenchon : entre faux radicalisme et vrai chauvinisme

Le programme de Mélenchon

Mis en ligne le 26 janvier 2017 Convergences Politique

Le but : « l’avenir en commun » !

Dans le programme de Mélenchon, « L’avenir en commun », on trouve quelques lignes pour un peu tout le monde, les salariés, les écologistes, les dirigeants des PME. Les milieux ‘bobos’ aussi à qui l’on promet d’« imposer l’objectif d’une alimentation 100 % biologique locale dans la restauration collective [et de] réduire la part des protéines carnées dans l’alimentation au profit des protéines végétales ». Notez l’expression savoureuse « imposer l’objectif »… ce qui n’impose rien mais fait radical. Mélenchon use et abuse de l’oxymore, la juxtaposition de termes qui s’opposent. Préconiser le repli sur les frontières nationales paraîtrait-il trop réactionnaire ? Qu’à cela ne tienne : Mélenchon préconise un « protectionnisme solidaire ». Ça ne veut rien dire mais enrobe les choses peu ragoûtantes de quelques adjectifs…

Pour les travailleurs, le Smic passerait de 1 153 euros net à 1 326 euros net, mais on ne sait pas quand. Plus une « revalorisation des salaires des fonctionnaires, gelés depuis 2010 ». Pour quand et de combien ? Et quoi pour les autres salaires ?

Quand Mélenchon parle de « restaurer le droit à la retraite à 60 ans », il se contente de ramener la durée de cotisation à 40 annuités, même pas d’abroger les mesures de Balladur et Fillon par un retour aux 37,5 annuités pour une retraite à taux plein. Il faudrait ainsi avoir commencé à travailler à 20 ans pour bénéficier de la retraite à 60 ans. Avec l’âge d’entrée dans la vie active aujourd’hui, cela ne concernera pas grand-monde !

Les moyens : moi seul, président !

Contre qui se bat Mélenchon ? Il veut « mettre au pas la finance »… comme le candidat Hollande en 2012. Mais qui y a-t-il derrière cette « finance » ? Ce n’est pas dit. Et comment le faire ? Mélenchon se propose de « contrôler les mouvements de capitaux ». Certes, mais comment ? C’est plus ou moins écrit quelque part ailleurs, là où il est question de déployer des contrôleurs gouvernementaux pour « terrasser l’évasion et la fraude fiscales ». Et il se propose de « renforcer les moyens humains et techniques de l’administration fiscale et des douanes ». Contrairement à ce qu’il fait pour les flics, là, Mélenchon ne donne pas de chiffres.

Mais les contrôleurs, du fisc ou autres, ne sont pas seulement peu nombreux, ils sont surtout impuissants quand il s’agit d’éplucher les comptes des entreprises : s’ils sont trop regardants, ils risquent la sanction, comme ce contrôleur des impôts du Lot-et-Garonne qui avait dénoncé l’abandon d’un redressement fiscal de 450 000 euros notifié à la société France Prune, abandon décidé en 1999, avec Jospin Premier ministre d’un gouvernement que rejoindra un an plus tard un certain Mélenchon… Placardisé, le contrôleur avait ensuite été sanctionné en 2004 par le ministre de l’Économie Sarkozy… De quoi motiver les contrôleurs !

Mais, surtout, les capitaux circulent aujourd’hui dans le monde à la vitesse de clics de souris. Les opérateurs financiers entretiennent une flottille de traders intervenant sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre… Pour contrôler les mouvements de capitaux, il faudrait des centaines de milliers de personnes… par exemple les travailleurs du secteur bancaire qui voient tout passer sous leurs yeux. Mais Mélenchon ne le veut surtout pas. La « finance » peut dormir sur ses deux oreilles !

J.-J. F.

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Numéro 110, janvier 2017