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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 110, janvier 2017

2017 : le monde selon Trump ?

Mis en ligne le 26 janvier 2017 Convergences Politique

Vendredi prochain, le milliardaire raciste et misogyne sera intronisé à la tête de la première puissance mondiale. Passée la surprise de son élection, l’écœurant magnat de l’immobilier semble avoir gagné les faveurs de ses collègues chefs d’État du monde entier, des magnats de la finance – la hausse record des cours de la bourse en atteste – et… des principaux candidats à l’élection présidentielle en France.

« Anti-système » mais ultra-capitaliste

Marine Le Pen se présente comme le Trump français. Elle a vivement salué la politique « protectionniste » de son Donald, après que Ford a promis 700 embauches aux États-Unis et Amazon 100 000. Mais, ici comme là-bas, les travailleurs savent trop bien ce que valent ces promesses de patrons. Non seulement ces éventuels investissements ne garantissent pas l’emploi, mais ils étaient prévus des mois avant l’élection et leur annonce est un simple jeu de communication. En réalité Trump, sous ses airs d’homme à poigne, n’impose rien au grand patronat, bien au contraire : si quelques entreprises lancent des annonces opportunes sur le rapatriement de certains sites, c’est que Trump se prépare à baisser les impôts sur les sociétés de 35 % à 15 %. À faire de l’ensemble des États-Unis un paradis fiscal pour les plus riches.

L e nouveau cabinet américain est plus que jamais à l’image de la classe sociale dont il servira les intérêts, celle des milliardaires, des grands patrons, des financiers. Dix-sept futurs ministres, sans compter Trump lui-même, possèdent autant de richesses que les 109 millions d’Américains les plus pauvres ! Son chef de la diplomatie a dirigé ExxonMobil, son secrétaire au Trésor Goldman Sachs, son ministre de la Santé un lobby pharmaceutique ; et sa ministre des Transports est la fille d’un gros armateur. On entend souvent dire que Trump est imprévisible, bof... pas bien difficile de prévoir que sa politique ne profitera qu’aux riches !

Car si Trump a gagné les élections en se prétendant « anti-système », il s’apprête à gouverner, comme ses prédécesseurs, pour le plus grand profit du système capitaliste, dans un style encore plus direct et plus brutal. Le vrai visage du capitalisme du xxi e siècle ! Un avertissement pour ceux qui, ici, s’imaginent « renverser la table » en votant Le Pen.

Après le « Tout sauf Trump », le « Tous comme Trump »

Dans tout le monde politicien, et pas seulement à l’extrême-droite, on singe Trump. La mode est aux coups de mentons virils et à l’autoritarisme. Fillon se réclame de Thatcher et promet une « Blitzkrieg » contre le monde du travail. Macron, l’ancien banquier d’affaires, prône une « révolution » libérale, c’est-à-dire patronale. Même les pitoyables pantins de la primaire de la gauche, tous formés sur le même moule, tous comptables du bilan de Hollande et tous des hommes (sauf une femme pour la galerie), jouent les durs à cuire en proposant le rétablissement des contrôles aux frontières (même si certains tentent quelques bémols), la réinstauration du service national, militaire ou civique – et encore et toujours, bien évidemment, des embauches dans la police.

À la gauche de la gauche, Mélenchon se revendique lui aussi du « protectionnisme », au point de déclarer le 4 janvier dernier : « Je me réjouirais de traiter avec Trump » car « il comprendrait que je me situe strictement sur le point de vue des Français. » Mais de quels « Français » parle-t-il ? Des riches ou des pauvres ? Des patrons ou des salariés ? Car les travailleurs, quelle que soit leur nationalité, n’ont pas d’intérêts communs avec ceux qui les exploitent. Les frontières n’ont jamais protégé du chômage, mais elles divisent des prolétaires qui ont pourtant pour patrie la terre entière, et tuent tous les jours ceux parmi les plus pauvres qui tentent de les passer.

La force des travailleurs

Face à la dégradation continue des conditions de vie, bien des travailleurs ont envie de taper du poing sur la table. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ceux qui bombent le torse pour briguer nos votes seront durs avec les faibles et doux avec les puissants. Pour inverser réellement la vapeur, il faudra jouer du rapport de force. Toute mesure en faveur de notre classe, sur le front de l’emploi, des salaires ou des services publics, ne pourra qu’être arrachée aux patrons en bousculant leur système d’exploitation et leurs profits. Et la seule force capable de l’imposer, est celle, collective, des travailleurs quand ils entrent en lutte.

Nul n’ignore qu’il y aura bientôt des présidentielles en France ! Une pléthore de candidats pour défendre les intérêts du monde patronal, auxquels les médias font beaucoup d’honneurs, et deux seuls, d’extrême gauche qui font entendre un tout autre son de cloche et que les médias ignorent : Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière et Philippe Poutou pour le NPA. Ils sont pourtant les porte-voix des intérêts fondamentaux du plus grand nombre.

Pour notre part, nous faisons campagne pour notre camarade Philippe Poutou, ouvrier chez Ford et candidat du NPA à l’élection présidentielle... et espérons que son entreprise de Bordeaux ne sera pas rapatriée par Trump dans le Michigan !

16 janvier 2017

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Numéro 110, janvier 2017

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