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DOSSIER : Crise écologique, leurs solutions et les nôtres

Du Diesel à la voiture électrique : une transition « écologique » sur le dos des salariés

Mis en ligne le 17 septembre 2019 Convergences Entreprises

Les patrons des grands groupes automobiles n’ont plus qu’un mot à la bouche : la transition vers la voiture électrique. Seraient-ils devenus écolos ? La préservation de l’environnement a bon dos mais la situation est propice pour restructurer de nouveau leur industrie afin d’augmenter les profits tout en cherchant à mettre les fonds publics à contribution.

Dans cette situation, les salariés des constructeurs, équipementiers, sous-traitants ou intérimaires, déjà bien habitués au chantage à l’emploi, n’auraient qu’une alternative : accepter de voir leur emploi supprimé parce que ce qu’ils produisent est vraiment nuisible à l’environnement, ou bien se réfugier dans la défense de « leur » industrie, en faisant confiance aux grands patrons pour que leur avenir soit assuré. Deux pièges que les constructeurs voudraient voir subventionnés par les impôts de leurs victimes.

Pourtant ce n’est pas aux milliers de salariés qui produisent des véhicules Diesel (69 000 emplois en France) de payer la prétendue conversion écologique des pollueurs. De même que ce n’était pas aux salariés de payer la crise en 2009.

La baisse du Diesel constitue un virage technologique bien réel. Certains sites sont directement menacés : les Fonderies du Poitou, Bosch à Rodez, Delphi à Blois, sans parler des sous-traitants comme ceux de Smart en Moselle… Des milliers d’emplois de salariés intérimaires ont déjà été supprimés ces derniers mois, comme à l’usine de Renault Cléon qui produit essentiellement des moteurs Diesel.

Le patronat (notamment par la bouche de Carlos Tavarès, PDG de PSA, avec le soutien de syndicats complaisants) revendique des subventions afin d’assurer les investissements qui pourront « verdir » son industrie et surtout ses profits futurs. Peu importe, plaideront les ministres, que les milliards de profits réalisés par PSA ou Renault ces dernières années soient allés droit dans les poches des actionnaires ou dans les soirées mondaines des semblables de Carlos Ghosn : il y a urgence, comme en 2009 ! Urgence à financer la transition… en finançant les capitalistes, nous disent-ils.

De même que les Gilets jaunes avaient refusé la taxe sur le carburant, les ouvriers de l’automobile devront se défendre contre les chantages afin de forcer les véritables pollueurs à payer.

L’épisode du Dieselgate l’a montré, ce sont les objectifs de rentabilité fixés par les actionnaires qui sont responsables des magouilles des constructeurs, pas les salariés. Même lorsqu’il n’y a pas tricherie, ce sont ces exigences de profitabilité qui contraignent les travailleurs à trouver des solutions techniques qui respectent a minima les normes environnementales.

Heureusement qu’il y a des salariés « lanceurs d’alerte » malgré les risques qu’ils encourent ! Il faudrait même qu’ils fassent des petits, regroupant tous ceux qui refusent le chantage patronal à l’emploi. Car collectivement, ils deviendraient bien plus que des « lanceurs d’alerte » : une force capable de tenir en respect les directions et d’imposer un contrôle de la production. Contrôle qui prendrait nécessairement en compte les conséquences sociales et écologiques des choix technologiques.

Hugo Weil

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Numéro 128, septembre-octobre 2019

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