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Accueil > Il y a 150 ans : la Commune de Paris

Communes de province, Commune de Paris 1870-1871, de Jeanne Gaillard

Flammarion (Questions d’histoire), 1971, 183 p.

Mis en ligne le 18 mars 2021 Culture

On trouve encore cet intéressant ouvrage chez les bons bouquinistes à un prix inférieur aux 15 euros demandés par Amazon. Depuis, d’autres historiens se sont penchés sur cette question, quelque peu tenue dans l’ombre de la Commune de Paris, des autres Communes en France (et même récemment de l’impact international de la lutte des communards). Mais l’intérêt du livre de Jeanne Gaillard est de poser de manière claire et synthétique une série de problèmes à la fois historiques – c’est une historienne – et politiques – elle écrit à l’occasion du centenaire, trois ans après la grève et la révolte générales de Mai 68, et les historiens de la Commune dont elle discute les travaux ont souvent un engagement politique, notamment dans ou autour du PCF.

Jeanne Gaillard insiste sur le fait que la Commune parisienne est en réalité précédée par un soulèvement en ordre dispersé des provinces, notamment dans le sud-est et le sud-ouest. Celui-ci s’effectue contre l’armée et la gendarmerie, soupçonnée de vouloir maintenir ou restaurer le pouvoir bonapartiste décapité par la capture de l’empereur le 2 septembre 1870. Mais les intentions varient beaucoup d’un acteur à l’autre. Ici, les maires dits « radicaux » pour leur attachement à la forme de la république, visent juste à assurer le soutien de leurs administrés envers le nouveau régime proclamé le 4 septembre. Là, les dirigeants du soulèvement prennent au sérieux la promesse d’un pouvoir municipal autonome contenue en germe dans le « mouvement communaliste ». Ailleurs encore, des sortes de préfets révolutionnaires tentent d’élargir ce mouvement et n’hésitent pas à faire destituer des maires trop prompts à s’entendre avec le gouvernement dit de « défense nationale » issu du 4 septembre, parce qu’ils craignent que ce gouvernement ne prépare en réalité le retour de la monarchie.

Enfin, si Jeanne Gaillard note que bien des villes de province touchées par un soulèvement communal ont connu dans les années précédentes une croissance urbaine très forte (Le Creusot passe de 2 700 habitants en 1836 à 24 000 en 1870), elle montre que, pour autant, des villes dépourvues d’une classe ouvrière nombreuse entrent aussi en ébullition et proclament leur commune. La concentration de dizaines, voire de centaines de milliers de prolétaires dans les grandes agglomérations explique néanmoins la durée relativement supérieure des communes lyonnaise ou marseillaise, pour ne rien dire de celle de Paris.

Un livre intéressant pour questionner ce que nous croyons avoir compris de la Commune, et d’un format et d’une langue tout à fait accessible.

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Il y a 150 ans : la Commune de Paris