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Accueil > Des séries à voir et à discuter autour de soi

3 %

Mis en ligne le 1er mai 2020 Culture

3 %, SciFi/Drame/Thriller, 2016, Brésil, en cours.

4 saisons, 26 épisodes de 40 minutes, Netflix.

Dans un monde où le mode de production capitaliste a épuisé les ressources naturelles de la planète depuis bien longtemps, un groupe de scientifiques réussit à reproduire artificiellement un monde « parfait » dans une île au beau milieu de l’Atlantique : « L’Autre Rive ». Elle n’est cependant pas accessible à tout le monde. À ceux et celles qui vivent sur le « Continent », c’est-à-dire, 97 % de la population, est donné ce que cette nouvelle classe dominante appelle la grande opportunité d’accéder à L’Autre Rive, en passant par une cruelle sélection (le « Processus ») ayant pour but de trier ceux qui méritent une vie digne de ceux qui sont destinés à vivre dans les pires conditions de vie possibles. Les 3 % « méritants » doivent oublier tous leurs liens familiaux, d’amitié, d’amour qui pourraient les attacher au Continent. Ainsi, la pérennisation du mépris à l’égard des « perdants » est assurée et, avec elle, celle de l’ordre social établi.

Cette série brésilienne montre clairement toutes les contradictions de ce monde où les inégalités sont vues comme quelque chose de naturel. Un monde où la perpétuation de l’élite est issue des vies brisées de cette majorité désespérée qui est prête à tout pour s’en sortir. Il y a bien sûr des résistants dans le Continent, un groupe révolutionnaire de femmes et hommes strictement surveillés et durement réprimés par le conseil des dirigeants de L’Autre Rive : c’est « La Cause », dont les membres luttent pour une société où les ressources naturelles et la technologie ne seraient plus considérées comme des privilèges et réservés à une infime partie de la population.

3 % stimule la réflexion sur des thématiques très actuelles telles que le mérite, les inégalités, la surveillance et la répression des mouvements sociaux, la gestion des ressources naturelles, le mépris de classe, les valeurs pourries de la société capitaliste poussées à la limite de l’absurde. Un portrait à la fois attachant et cru des difficultés traversées par les classes populaires au Brésil, particulièrement éloquent dans cette période où l’extrême droite a été portée au pouvoir avec l’élection de Bolsonaro.

Maria José Alvarez

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