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Archives > Des séries à voir et à discuter autour de soi

Peaky Blinders

Mis en ligne le 1er mai 2020 Culture

Peaky Blinders, Drame historique, 2013, Royaume-Uni, en cours.

5 saisons, 30 épisodes de 60 minutes.

La série nous offre une atmosphère librement inspirée du Birmingham ouvrier de l’Entre-deux-Guerre à travers l’histoire de la famille Shelby ; des bookmakers issus des Travellers – une communauté nomade irlandaise ostracisée à l’instar des Gitans ou des Roms – qui tentent de faire fortune dans les courses de chevaux. Conflit irlandais, militants communistes – certes caricaturaux –, manœuvres des lords anglais, le scénario traite de nombreuses intrigues. L’anachronisme assumé de la musique rock participe à l’esthétique très travaillée de la série.

Les Peaky Blinders – les « aveugleurs à visière », nom d’un groupe criminel éponyme ayant eu ses heures de gloire avant 1914 – font fortune en diversifiant leurs activités commerciales à coup d’assassinat, clientélisme, corruption, et règlements de comptes particulièrement violents, dont le coup de main rétribué par des patrons contre leurs travailleurs. Thomas Shelby, héros fictif de la série, comme beaucoup d’autres, rentre de la Grande Guerre avec la gâchette facile et des problèmes psychiatriques. Mais, ambitieux et d’une grande intelligence, il rêve de bien mieux que d’être le parrain des rues miséreuses de Birmingham.

Au fur et à mesure des saisons et de son enrichissement, il tente de se métamorphoser en Lord anglais et l’on s’éloigne des gangs de rue. Il investit dans l’industrie, change de style et se met en quête d’honorabilité – il deviendra même, dans la série, député du parti travailliste. Rejeté et méprisé dans les milieux bourgeois plus pour ses origines travellers et criminelles, il s’impose en exécutant le sale boulot des autres Lords. Sa fortune et son sens des affaires lui permettent de se faire reconnaître dans un milieu fait pour lui : le même jeu mais à l’échelle de l’Angleterre. Les codes n’ont rien à voir mais les logiques mafieuses restent les mêmes et les deux milieux qui semblent se rejeter se révèlent parfaitement complémentaires.

Parallèlement, sa carrière politique connaît le même succès. Il se fait élire à la chambre des Lords et s’allie au mouvement fasciste naissant. Mafieux ou Lords : la série dépeint très bien la transformation des Peaky Blinders de bandit à bourgeois comme un simple changement d’échelle et de costume.

Evan Yale

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