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DOSSIER : Obama président, l’oncle Sam change de look... mais pas de cibles

Vers la Grande Dépression ?

Mis en ligne le 30 avril 2009 Convergences Monde

La crise actuelle a aux États-Unis des effets plus visibles encore que dans nombre de pays d’Europe, et la situation économique se dégrade de jour en jour. Moins d’une semaine après l’investiture d’Obama, le pays apprenait la plus grosse vague de licenciements jamais annoncés : plus de 74 000 en une seule journée. Ils touchent désormais quasiment tous les secteurs de l’économie américaine, de la finance au bâtiment en passant par l’industrie et le commerce. En janvier dernier, la destruction d’un demi-million d’emplois était annoncée pour le quatrième mois consécutif. Et la demande économique se contracte toujours, accélérant la spirale des licenciements.

Entre novembre 2007 et novembre 2008 les statistiques officielles ont enregistré 3,2 millions de chômeurs supplémentaires. Il faut remonter aux années 1930-1931 pour constater une remontée du chômage aussi rapide. Encore ces chiffres ne tiennent-ils pas compte de tous ceux qui ont simplement renoncé à chercher un travail introuvable, ni des travailleurs licenciés qui s’accrochent à des petits boulots à temps partiel : il suffit de travailler une heure par mois pour devenir invisible pour les statistiques américaines ! L’augmentation du nombre de chômeurs de l’an passé serait donc en réalité plus proche des cinq millions, ce qui porterait le nombre des sans emplois bien au-dessus des 12 millions officiels.

Submergées par l’afflux de chômeurs, les agences pour l’emploi sont incapables de traiter toutes les demandes. Lorsque les gens leur téléphonent, c’est un message enregistré qui les accueille – pour leur demander de rappeler plus tard. Certains s’accrochent pendant des jours, passant des heures en vain au bout du fil. Sept États sur cinquante se sont déjà déclarés incapables de faire face à l’explosion de leurs budgets d’assurance-chômage, avant de solliciter l’aide du gouvernement fédéral – et les quarante-trois autres devraient se retrouver dans la même situation très rapidement.

Camps de toile

Les expulsions suivent la même courbe que les licenciements : 3,7 millions de personnes ont perdu leur logement depuis le début de la crise. Difficile d’estimer le nombre de prêts immobiliers actuellement impayés – plusieurs centaines de milliers au bas mot. Certains experts prévoient que plus de huit millions de foyers vont se retrouver à la rue dans les quatre ans qui viennent. Les camps de toile où se réfugient les sans-abris, par familles entières, gonflent dans de nombreuses villes du sud du pays : Sacramento, Resno, Las Vegas, Fresno…

En première ligne dans la crise, les États et les gouvernements locaux annoncent des déficits records, qu’ils traduisent aussitôt en suppressions de budgets pour l’éducation, la santé, l’aide aux personnes âgées, aux plus pauvres ou aux sans abris. Ces coupes budgétaires ne sont que les dernières d’une série commencée sous la présidence du républicain Reagan au début des années 1980, et poursuivie sans interruption depuis, notamment par le démocrate Clinton dans les années 1990. Les dernières mesures d’austérité frappent donc un système social déjà extrêmement dégradé. Et les personnes disposant d’une retraite privée décente l’ont souvent vue fondre, parfois de 40 %, les fonds de pensions privés américains étant directement dépendant de leurs actions en Bourse.

Dans le fleuve de subventions publiques aux banques et aux entreprises, le plan de « stimulation » (de relance) d’Obama contre la crise prévoit de prélever 20 milliards de dollars d’assistance alimentaire pour les plus pauvres. Un peu d’eau dans le sable, tant les files d’attente s’allongent devant les banques alimentaires et les programmes d’aide d’urgence, aujourd’hui submergés. Il y avait avant la crise 40 millions de personnes victimes de malnutrition (13 % de la population). Sans tenir compte de l’augmentation évidente du nombre de ceux qui vont aborder cette version de l’ « American way of life » , la subvention Obama représente donc deux dollars par personne. « Pas assez pour vivre, juste assez pour ne pas mourir », comme disaient déjà, à propos des aides New deal, les chômeurs des années 30.

C. V.

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Numéro 63, mai-juin 2009

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