Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 63, mai-juin 2009

Editorial

Oui, la situation exigerait la grève générale

Mis en ligne le 30 avril 2009 Convergences Politique

La situation sociale se durcit. Aux annonces de licenciements immédiats ou fermetures plus ou moins proches (la plus récente, à l’heure où nous écrivons, mais non la dernière, étant celle du site de production de puces électroniques de Freescale de Toulouse – près d’un millier de salariés touchés), des travailleurs ripostent du tac au tac : Caterpillar, Continental, Toyota, Lear, Molex, et bien d’autres. La liste est très longue, en fait.

La colère ne s’exprime pas par les seules « séquestrations » qui imposent à des gradés du patronat quelques heures sup’ de plus sur site. Elle tente aussi d’autres voies, cherche le contact avec ceux d’autres entreprises soumis aux mêmes diktats du fric. À l’état encore embryonnaire, apparaît l’exigence de se retrouver ensemble. Un certain nombre de travailleurs en lutte récemment, qu’il s’agisse des postiers du 92, des cheminots des ateliers du Technicentre de Paris-Rive-Gauche, des ouvriers de chez Lear qui fabriquent des sièges automobiles pour Citroën Aulnay (quelques exemples dont nos camarades impliqués relatent les luttes dans ce numéro de Convergences Révolutionnaires ), des électriciens et gaziers, des travailleurs de Continental-Clairoix, de Toyota et bien d’autres, ont tenté des sorties « hors les murs ». Souvent à l’initiative de militants d’extrême gauche (qui n’en déplaise à Chérèque ne sont pas qu’à la porte des entreprises et des syndicats !).

Ces sorties sont de sérieux jalons pour l’offensive à mener. Les directions syndicales ne veulent surtout pas de la grève générale, qui serait pourtant la seule riposte face à l’offensive générale du patronat et de l’Etat contre les travailleurs. Les Thibault et autres Chérèque se sont empressés de déclarer au plus fort de la grève générale de la Guadeloupe et la Martinique qu’il ne fallait surtout pas s’en inspirer ici, en France métropolitaine. Qu’à cela ne tienne, les travailleurs, eux, à commencer évidemment par ceux qui se mettent en lutte, peuvent généraliser leurs grèves ! Mutualiser et délocaliser leurs luttes ! Du moins le tenter, agir dans ce sens chaque fois qu’un conflit éclate. C’est précisément ce qui bourgeonne dans ce printemps de crise. Chaque conflit local pourrait bien devenir une « grève marchante » comme on dit en Guadeloupe, et attiser la contagion au sein de l’Hexagone, voire au-delà, tant il est vrai que désormais chaque trust qui annonce un plan calamiteux s’en prend simultanément aux travailleurs de différents pays. Et il faut tirer un grand coup de chapeau aux travailleurs de Continental (Clairoix) pour avoir fait le déplacement à des centaines en Allemagne, à Hanovre siège du trust mais aussi lieu où des licenciements sont programmés, pour trouver l’accueil chaleureux et combatif de camarades d’Allemagne.

Ce que Chérèque, Thibault et Aschiéri ne veulent pas, à savoir préparer la riposte générale du monde du travail, des travailleurs frappés par la crise s’y emploient déjà eux-mêmes. C’est la seule voie. La seule réaliste. Celle d’ailleurs que craignent avant tout les caciques du patronat et les tenants du pouvoir qui, tels l’ex premier ministre Dominique de Villepin, redoutent « un risque révolutionnaire en France ». Aux travailleurs, aux militants, d’être à la hauteur de leurs craintes.

Oui, mille colères s’expriment. Reste à ce qu’elles ne restent pas atomisées et se transforment en une seule grande explosion, celle qui ridiculisera les décisions des tribunaux, les rodomontades de Sarkozy, les fausses propositions patronales. Celle qui permettra enfin que ce soit les travailleurs qui décident de leur sort, et pas le CAC 40.

26 avril 2009

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article

Abonnez-vous à Convergences révolutionnaires !

Numéro 63, mai-juin 2009