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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 120, juin-juillet-août 2018

Théo, que nous appelions aussi Romain : une vie de militant ouvrier, communiste, trotskyste, internationaliste

Mis en ligne le 14 juin 2018 Convergences

Notre camarade Théodore Topolanski est mort le 30 avril dernier des suites d’un cancer. Au fil de plus de 60 ans d’engagement révolutionnaire, Romain a été un militant ouvrier trotskyste qui a contribué à former plusieurs générations de camarades au sein de Lutte ouvrière comme à la fraction l’Étincelle.

Né en 1937 d’une mère allemande et d’un père polonais disparu à Auschwitz en juillet 1942, lui, sa sœur et son frère furent cachés dans la Sarthe jusqu’à la Libération. À partir des années 1950, Théo fréquenta les jeunesses du Bund, organisation social-démocrate juive, qui se disait marxiste, internationaliste et se positionnait contre le sionisme. Mais le rôle de la social-démocratie devint clair pour lui quand, en 1956, la SFIO intensifia la guerre en Algérie. Théo rejoignit le petit groupe trotskyste issu de l’Union communiste.

Désormais connu sous le nom de Romain par ses camarades de Voix ouvrière, il s’embaucha dans différentes usines, dont il se fit successivement licencier pour ses activités militantes. En 1966, il entra à la Polymécanique de Pantin (93), une usine de 1500 ouvriers produisant les moteurs des Mobylettes. En mai 68, il aida à y démarrer la grève dès les premières manifestations étudiantes puis, en 1971, anima une grève de 36 jours, victorieuse, dirigée démocratiquement par un comité de grève. Ses camarades de travail appréciaient non seulement son savoir-faire, mais aussi sa chaleur humaine et sa faculté d’écoute. Sans oublier son sens intraitable de la dignité qui en imposait même aux patrons.

Romain en avant et à droite, en tête de la manifestation des grévistes de la Polymécanique (en 1971).

Romain savait comme personne faire partager son expérience aux jeunes générations. Bon nombre doivent leur formation et leur culture à ce grand lecteur.

De nombreux témoignages nous sont parvenus de la part de ceux qui l’ont connu et avec qui il a milité. Des camarades de Lutte ouvrière où, entre autres, son apport à la Commission ouvrière des années 1970 a laissé des souvenirs vivaces. De plus jeunes, au sein de la Fraction l’Étincelle, comme l’évoquent quelques extraits du témoignage, entre autres, de ce camarade lyonnais : « […] C’est bien peu d’années au regard de l’étendue de la vie politique de Romain, mais ces années ont été décisives dans mon engagement. Il a été le premier camarade de la Fraction que je rencontrai, à l’été 2002 […] Romain savait transmettre sa soif de culture politique et sociale, avec une très grande modestie. […] Quelle clairvoyance également, lorsque je le voyais pendant nos réunions trancher des problèmes politiques ou d’entreprises avec des avis accessibles, rigoureux et (parfois un peu) implacables. […] Même lorsqu’on n’en partageait pas le fond, les interventions orales de Romain au sein de notre groupe avaient toujours un certain poids et une grande valeur pédagogique. Pas forcément un grand adepte de la repartie, il était toujours rieur, même dans les dernières années où il a affronté bien des épreuves ».

Quelques extraits aussi du message que nous ont envoyé les camarades américains à l’origine du groupe Speak Out Now en Californie : « […] un militant et un ami si merveilleux, si gentil, si résolu et si déterminé. Nous avons rencontré Romain quand nous étions à Spark dans les années 1970. C’était le début d’une relation politique et personnelle qui a duré plus de 40 ans. […] Quand nous l’avons rencontré pour la première fois, il était généreux et heureux de partager ses expériences sur les lieux de travail, et la création de LO. Il avait une liste infinie de suggestions de lectures sur l’histoire de la classe ouvrière, de romans et de récits personnels du mouvement ouvrier et du mouvement révolutionnaire. Il était aussi un fan des romans américains. […] Il était prêt à célébrer chaque fois que nous avions le moindre succès. Il suivait nos progrès systématiquement et nous posait énormément de questions… Pour nous, il était une force morale qui ne pouvait être ni pressée ni intimidée par quiconque. […] Il avait une telle confiance dans les possibilités de la classe ouvrière et dans un avenir socialiste et il transmettait cette confiance aux autres… ».

Romain fut de ceux qui constituèrent la Fraction de Lutte ouvrière en 1996, devenue en 2009 la Fraction l’Étincelle du NPA. Il faisait partie ces dernières années du comité NPA de Limoges.


Pour en savoir plus sur son parcours et son expérience militante, on peut consulter la brochure que nous lui avons consacrée, qui contient les textes suivants :

(Cette brochure est disponible auprès des camarades de la Fraction L’Etincelle, et téléchargeable ici).

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Numéro 120, juin-juillet-août 2018

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