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The Handmaid’s Tale

Mis en ligne le 1er mai 2020 Culture

The Handmaid’s Tale (La Servante Écarlate), Drame/Dystopie, 2017, États-Unis, en cours.

4 saisons, 49 épisodes de 50 minutes.

Dans un monde où l’humanité voit sa fécondité baisser sur la planète suite à des catastrophes écologiques et sanitaires, une secte religieuse protestante se retrouve à la tête d’une partie des États-Unis. La République de Gilead est une dictature militaire patriarcale, dans laquelle on élimine les opposants au régime par pendaison, qu’il s’agisse d’opposants politiques ou d’homosexuels, considérés comme des monstruosités « traîtres à leur genre ».

Dans un projet de rédemption de l’humanité, la société est dirigée par les hommes, selon la morale religieuse telle qu’interprétée par eux. Les femmes y sont dès lors considérées comme inférieures, elles n’ont pas le droit de lire, de posséder des biens, d’agir selon leur initiative ou de porter leur propre nom. Elles sont divisées en différentes catégories : les épouses des hommes haut-placés, les martha servantes des épouses, les tantes qui surveillent et instruisent les servantes et ces dernières qui sont les dernières femmes en capacité de porter un enfant.

Les seules femmes encore fertiles sont des ressources rares, et donc distribuées entre les plus puissants hommes de Gilead. Nous suivons l’une d’entre elle, June, incarnée par Élisabeth Moss, qui est appelée Defred (dans la version française), symbole de son appartenance au Commandant Fred Waterford. Comme les autres servantes, elle a été kidnappée, torturée, mutilée et battue pour être remise sur le chemin de la rédemption, puis assignée à un dirigeant et son épouse, et enfin violée cycliquement selon une cérémonie biblique pour leur faire un enfant.

La torture et les violences tant psychologiques que physiques sont prégnantes. Et l’immersion dans les pensées de June permet de comprendre tant les rouages retors de la dictature que les failles psychologiques du personnage. L’histoire montre aussi, face au régime religieux, une véritable résistance des femmes, qui s’organisent pour survivre, et parfois aussi pour essayer de retrouver leur vie d’avant. Résistance contre les hommes, mais, plus souvent encore, contre d’autres femmes, les tantes, ferventes religieuses et gagnées à l’idéal de Gilead. Cette solidarité féminine va pourtant s’étendre au-delà des catégories de femmes prédéfinies par le régime et donner des perspectives encore plus importantes à la résistance…

Le rythme ralenti des évènements permet de se plonger dans l’esprit de June et de sa perception du monde de Gilead, ainsi que dans ses souvenirs des évènements qui précèdent la dictature, avec son copain et leur fille. La présence de symboles et de couleurs unies sont des éléments importants de la série, notamment pour visualiser la division des femmes et leur rôle. Le rythme lent comme les symboles ou les couleurs permettent de trancher avec la violence sourde et fulgurante de certaines scènes.

Le livre La servante écarlate, dont est tirée la première saison de la série, a été écrit en 1985 par Margaret Atwood (née en 1939), une autrice canadienne dont le travail est prolifique. Celle-ci affirme, dans un discours à l’occasion du Prix de la Paix des libraires allemands, le 15 octobre 2017 à Francfort, avoir suivi la règle de « ne rien mettre dans ce roman que des êtres humains n’aient déjà fait quelque part, à une époque ou une autre ».

John Dakota

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