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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 72, novembre-décembre 2010 > L’automne chaud de 2010

L’automne chaud de 2010

SNCF Paris Sud-Est : Roulants en pointe, AG dynamiques

Mis en ligne le 5 décembre 2010 Convergences Entreprises

La région SNCF Paris Sud-Est emploie plusieurs milliers de cheminots, répartis en différentes filières – roulants, sédentaires, commerciaux – imbriquées de façon compliquée. Le site de Melun compte, à lui seul, 800 cheminots et celui de Villeneuve-Saint-Georges 900. Comment la grève a-t-elle été suivie ?

« Je termine dans le rouge tous les mois »

En pointe : les roulants, en particulier les conducteurs du RER D de Melun, Corbeil, Montargis, et les conducteurs de TER de Laroche-Migennes. Le pourcentage de grévistes a parfois dépassé 80 % pendant plusieurs jours dans ces deux secteurs mais a été un peu plus faible parmi les roulants du dépôt du Charolais (Gare de Lyon) et de Villeneuve.

De leur côté, les commerciaux de Melun et Paris, chez qui le mécontentement est profond, ont suivi à près de 50 % – bien que beaucoup aient fait la « grève SMS », à domicile, en ne se déplaçant que de temps à autre.

En revanche, le taux de grévistes des sédentaires n’a jamais dépassé 20 % dans les ateliers de Villeneuve et de Bercy. « Nous n’avons pas les paies des conducteurs, on ne peut pas se permettre de faire grève »… Plusieurs jours après la grève, un jeune ouvrier des ateliers de Bercy, qui travaille à l’entretien des TGV, mal à l’aise de ne pas avoir participé au mouvement, expliquait encore à des militants : « Avec une paie de 1 400 € et ma femme qui ne touche rien pour le moment, aucune aide, on ne peut pas s’en tirer. On est dans le rouge tous les mois. Je sais bien que cette réforme est dégueulasse, mais on n’a pas les moyens de perdre une semaine de salaire. »

Un petit vent « soixante-huitard »

Ce qui a caractérisé cette grève sur Paris Sud-Est, c’est la tenue d’assemblées générales non seulement interservices (qui avaient déjà existé dans le passé, à Melun) mais interprofessionnelles, auxquelles ont participé des travailleurs d’autres corporations : France Telecom, enseignants, territoriaux et quelques salariés d’entreprises privées. Dans ces AG, tout le monde s’est enhardi à s’exprimer et avait voix au chapitre. Elles ont eu lieu presque tous les jours, ont reconduit le mouvement et surtout décidé d’actions, parfois improvisées sur le tas : le soutien aux grévistes de la raffinerie de Grandpuits, avec organisation du co-voiturage pour se rendre sur le site ; manifestations et blocages divers, notamment à Migennes. Elles n’ont jamais été nombreuses (pas plus d’une centaine de cheminots pour les plus fortes à Melun et Laroche, là où elles avaient atteint parfois 200 à 250 participants lors de mouvements précédents), mais ont été empreintes d’un enthousiasme soixante-huitard : spontanéité, dynamisme et… manque d’organisation !

De bout en bout du mouvement, ce sont des minorités combatives qui ont porté la lutte, appartenant au milieu le plus gauchisant de Sud, avec la participation de militants CGT (malgré les réticences de certains) – où la sensibilité d’extrême gauche était présente. Dans un climat de fraternité et d’unité. Les directions syndicales locales ne sont pas apparues comme des freins. Ce n’est qu’aux tout derniers jours de grève que des embryons de comités se sont constitués à Melun et Laroche, à l’initiative de quelques militants, pour organiser les prochaines actions.

En nouant des contacts fraternels entre les différents secteurs comme avec des travailleurs d’autres entreprises de la région, les cheminots de Paris Sud-Est ont la satisfaction de s’être engagés sur de bons rails.

Geroges RIVIERE

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