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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 72, novembre-décembre 2010

Editorial

De Londres à Paris, de Lisbonne à Dublin…

Mis en ligne le 5 décembre 2010 Convergences Monde

On nous disait, depuis des années, que l’Irlande était un pays modèle, un nouvel eldorado avec du travail pour tous et en particulier pour les jeunes. Et patatras, on apprend qu’il s’agissait d’un boom à crédit, que personne n’a les sous pour habiter ces complexes immobiliers futuristes – et surtout pas les travailleurs dans la dèche –, bref que c’est la faillite des banques et de l’État qui les avait aidées : le « tigre celtique » (c’est comme ça que certains en parlaient) est quasiment mort. Pour qu’il rouvre un œil et bouge la queue, il faudrait quelque 100 milliards d’euros, qu’un gang d’États et de banques – dont le FMI du socialiste Strauss-Kahn – vont prêter, contre des intérêts de près de 10 %, un taux faramineux.

Qui va payer ça ? Les classes populaires, par un plan d’austérité draconien qui comporterait quelque 20 milliards de dollars de compressions budgétaires, en particulier par la suppression de 25 000 emplois dans le secteur public, la réduction de 10 % des dépenses sociales (baisse des allocations chômage et familiales, des retraites des fonctionnaires, du salaire minimum), une hausse des impôts directs et indirects… mais pas touche au « dumping fiscal » dont bénéficient les multinationales.

Ce sont les mêmes plans d’austérité partout, dans des cocktails pas bien différents : en Grèce, en Roumanie, en Espagne, au Portugal, en France ou en Angleterre… pour ne pas parler de l’Allemagne, des États-Unis et du reste du monde. Les trains de mesures se succèdent et en cachent toujours un autre. Tandis que les grandes entreprises et, dans leur foulée, les moyennes et petites qui leur sont pieds et poings liés, licencient, mettent au chômage partiel aux frais de l’État, réduisent les effectifs à tour de bras et contribuent à la précarisation et à l’appauvrissement général.

Ce qui n’empêche pas les grosses fortunes, jusque-là du moins, de continuer à profiter de l’exploitation des travailleurs, même s’ils n’ont pourtant plus beaucoup de chair sur les os. Mais ça fait encore de l’argent, des gains en Bourse, des Bettencourt et tous leurs soucis !

De la révolte généralisée dans l’air

Cela dit, le monde politique et économique de la bourgeoisie s’inquiète. Non seulement de sa propre folie, mais de la colère qui monte dans le monde du travail et sa jeunesse. Il y a effectivement de la révolte dans l’air… et dans les rues de nombreux pays, qui enfle au rythme des plans d’austérité successifs. C’est-à-dire à bon rythme. La machine à pressurer n’a nulle part encore été enrayée, mais elle est menacée. Et tout se passe comme si, en Europe, les travailleurs et les jeunes en colère se passaient le relais, de pays en pays.

La jeunesse de Grèce a ouvert le feu à l’hiver 2008-2009, quelques mois à peine après l’éclatement de la crise des subprimes et les faillites bancaires spectaculaires. Plusieurs semaines d’un genre d’émeute. Puis il y a eu des journées de manifestations dans divers pays – dont la France au printemps 2009 –, certes sans lendemain immédiat. Puis des manifestations massives de travailleurs en Grèce, du public et du privé, pendant plusieurs semaines au printemps 2010. Ensuite le mouvement important que nous venons de vivre en France. Puis, presque aussitôt, des manifestations historiques quant au nombre de participants, en octobre en Espagne, en cette fin novembre au Portugal et en Irlande, sur fond d’une révolte jamais vue de la jeunesse estudiantine anglaise… qui n’a pas dit son dernier mot.

Ce qui est signe de conscience et d’espoir, c’est que dans ces différents pays, les réactions sont sorties de l’isolement. Les manifestations et les grèves ont réuni des travailleurs de toutes les branches, public et privé, contre des politiques gouvernementales. Parfois rejoints par les jeunes comme en France. Quand ce ne sont pas les jeunes, comme en Grèce et il faut l’espérer en Angleterre, qui encouragent les travailleurs et surtout secouent les puces de dirigeants syndicaux qui ne programment une « journée » que pour… le 26 mars 2011 !

Mais tout bouge. Et pourquoi pas, bien vite, une riposte généralisée de tous les travailleurs et jeunes d’Europe ? La seule chose que les classes dominantes n’auraient pas volée !

28 novembre 2010

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