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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 48, novembre-décembre 2006

Quelques livres d’actualité

Mis en ligne le 27 novembre 2006 Convergences Culture

L’Immeuble Yacoubian

de Alaa EL ASWANY

(Éditions Actes Sud, 22,50 €)

L’immeuble Yacoubian est un immeuble construit dans les années 1930 pour les riches aristocrates et propriétaires fonciers habitant au Caire. Ils y furent remplacés, sous Nasser, par les tenants du régime, des officiers. Depuis les années 1980, l’immeuble décrépi accueille, selon les étages, toutes les strates de la société cairote. Un vieil aristocrate ruiné et grand amateur de femmes y survit dans les restes de sa splendeur passée. L’entresol accueille un café, en fait club pour homosexuels de la bourgeoisie. Et les cabanes sur le toit, 50 cahutes de 2 m2, se sont peuplées de toute une population pauvre avec femmes et enfants. Et puis il y a aussi le portier dont le fils, Taha, malgré une vie de misère et de petits boulots a passé brillamment le bac et rêve d’entrer (promotion suprême !) à l’école de police. Il rêve de pouvoir ainsi échapper à l’immeuble, à la morgue de ses habitants qui l’humilient quotidiennement et d’épouser enfin l’amour de sa vie une jeune vendeuse d’un magasin de vêtements voisin.

Seulement la réalité est tout autre que dans les rêves, même les plus dérisoires. Taha est un paria et doit le rester. Il découvre la caste des fonctionnaires qui se serrent les coudes, la corruption, les places à l’école de police s’ouvrent à ceux qui savent graisser les pattes... et sa belle amie s’éloigne de lui pour des amours tarifées. Et Taha révolté va remettre son sort aux mains des intégristes religieux.

Cécile BERNIER


Le complot contre l’Amérique de Philip ROTH

(Gallimard, 22 €)

Philip Roth imagine que le célèbre aviateur et cascadeur Charles Lindberg a battu le président Roosevelt aux présidentielles de 1940. La peur s’empare alors des Juifs américains. Lindberg, qui était un républicain d’extrême-droite, antisémite, anti-communiste et avait des sympathies pour Hitler, gagne en faisant campagne sur le thème de la non-intervention dans la guerre mondiale. Il rencontre sur ce point l’assentiment de nombreux Américains qui ne veulent pas savoir ni voir ce qui se passe en Europe. Et même une partie de la population juive, à l’image d’un rabbin connu pour ses prêches radiophoniques, suit Lindberg. Derrière les discours hypocrites de celui-ci pour la paix entre les peuples, son amour déclaré pour les Juifs (la preuve, le rabbin qui chante ses louanges)... les actes ne tardent pas à prouver le contraire pour qui sait y voir et ne se laisse pas prendre par la surface des mots et de la propagande.

Roth est habile, et on marche dans cette vision d’une Amérique qui consent et se fascise sans le savoir. On y retrouve bien des traits actuels même si, dans les faits et leurs implications, tout est différent aujourd’hui. Bush le chrétien, adepte des prêcheurs évangélistes, théoricien de la croisade contre l’empire du Mal est-il aussi ami d’Israël et des Juifs américains qu’il le prétend, en déclenchant guerre sur guerre au Moyen Orient ? Bush ne surfe-t-il pas sur une Amérique profonde toujours aussi raciste, antisémite et réactionnaire qu’un Lindberg jadis ? Ces questions, bien évidemment, le roman ne les pose pas, tout est suggéré. Un roman accrocheur... et un brin provocateur.

C.B.


Tchétchénie, le déshonneur russe et La Russie selon Poutine

de Anna POLITOVSKAÏA

(Folio Document, respectivement 7,13 et 6,08 €)

Depuis l’élection de Poutine en 2000, 21 journalistes ont été assassinés en Russie. Le 7 octobre dernier, Anna Politkovskaïa l’était à son tour. Elle dénonçait les exactions de l’armée russe en Tchétchénie. Elle s’y était rendue plus d’une quarantaine de fois depuis 1999, publiant ses reportages dans la Novaïa Gazeta.

En lisant Tchétchénie, le déshonneur russe et La Russie selon Poutine on comprend que les ennemis ne lui manquaient pas. Non seulement elle raconte la barbarie d’une guerre où l’armée russe se livre aux pires atrocités sur la population tchétchène, mais elle montre que c’est une manière pour Poutine d’établir un climat de terreur sur la Russie tout entière. Omniprésence d’une armée toute puissante, racisme envers les Tchétchènes et autres habitants du Caucase, un climat délétère s’est installé en Russie, où tous ceux qui osent exprimer leur désaccord ou même simplement raconter ce qu’ils ont vu, sont traités d’ennemis de la nation et risquent leur vie.

L. G.

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