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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 49, janvier-février 2007 > DOSSIER : Gauche, droite, gauche… le piège de l’alternance

DOSSIER : Gauche, droite, gauche… le piège de l’alternance

Pour aller à l’Élysée, ne faut-il pas acquérir la démagogitude ?

Mis en ligne le 18 janvier 2007 Convergences Politique

Ségolène Royal peinerait à achever son livre Désir d’avenir. Elle pourrait cependant sortir dès maintenant un véritable petit manuel de démagogie à l’usage du candidat présidentiable.

Problème numéro 1 : comment cacher qu’on n’a pas de programme ? Ce n’en est visiblement pas un pour la candidate du Parti socialiste : sans complexe, elle va écouter les Français ! Son site Internet « désir d’avenir » est fait pour ça... La démagogie politicienne bat de nouveaux records. Ce qui n’a pas empêché le PS de la désigner triomphalement. [1] Si elle peut le ramener au pouvoir, peu importe ce qu’elle peut raconter. Du moment que ça marche...

Sarkolène à l’attaque contre les parents...

Quand elle délivre ses bribes de programme, ce n’est pas fait pour rassurer les travailleurs et l’ensemble des classes populaires. Car son problème numéro 2, c’est comment ratisser large, y compris à droite. Alors elle choisit clairement de concurrencer Sarkozy sur son propre terrain.

Elle a défrayé la chronique en se prononçant pour l’encadrement militaire des jeunes délinquants, en montrant du doigt leurs parents, auxquels elle prétend proposer une « école de parents » qui leur rappellerait leurs devoirs élémentaires, et en les menaçant de suppression des allocations familiales. Ségolène Royal choisit le discours ouvertement moralisateur, parlant de « responsabilité individuelle » devant les difficultés sociales et de « reconstruire la valeur travail » au moment où nombre de travailleurs rencontrent le chômage et la précarité. C’est cela qu’elle appelle parler sans tabou ? En tout cas, pas sans mépris des milieux populaires à qui elle fait la leçon.

... les immigrés...

Dans la même veine, elle n’a aucun scrupule à copier Sarkozy dans sa démagogie anti-immigrés. Elle a récemment pris position contre la régularisation massive des sans-papiers, invoquant le risque de créer un appel d’air en levant « des espoirs considérables dans les pays d’origine ». Au-delà du désir de séduire l’électorat réactionnaire, il y a aussi le fait que Ségolène Royal court au devant des besoins du patronat : il est bien plus avantageux pour les patrons de disposer d’une main d’œuvre sans droits, complètement à leur merci.

Elle prône d’ailleurs la création de « visas aller-retour qui pourraient permettre aux étrangers de venir pour des activités saisonnières et de pouvoir rentrer en toute sécurité dans leur pays ». Autrement dit, l’exploitation à la carte : l’autorisation de séjour se limiterait à la durée du contrat de travail et plus question de regroupement familial. Pour Ségolène Royal, qui aime tant exalter les valeurs de la famille, ce n’est visiblement pas un problème qu’un travailleur ne voit pas sa femme et ses enfants des mois durant !

... les travailleurs

Enfin, pour rien au monde, elle n’aurait oublié la démagogie anti-fonctionnaires ! Toujours ce vieux discours qui vise à diviser les salariés entre eux...

Les profs, ces paresseux, ne travaillent pas assez, ils ont même le temps de donner des cours particuliers ! Qu’ils fassent donc 35 heures de présence au collège ou au lycée. Pas grave s’ils n’ont plus le temps de préparer leurs cours et de corriger les travaux de leurs élèves, ils pourront toujours faire de la garderie.

Dans un monde où l’insécurité face au travail domine, à son tour elle veut nous faire croire qu’avoir un emploi stable est un privilège. Cela éviterait de regarder vers ceux qui profitent de ce climat pour aggraver l’exploitation de la classe ouvrière.

Lydie GRIMAL


Un clin d’œil à gauche, un clin d’œil à droite ?

Pour l’instant, Royal a plutôt lorgné sur sa droite. Elle doit sans doute penser que l’électorat de gauche ira de toute façon voter pour elle contre Le Pen et Sarkozy. Mais, comme il faut quand même se méfier - son troupeau électoral pourrait se rebiffer -, elle vient de se rappeler qu’il fallait tout de même s’adresser aussi à lui. Ce qui nous vaut sans doute les déclarations récentes sur la lutte contre la vie chère, le droit au logement et à l’éducation. Promettre la construction de 120 000 logements sociaux, cela ne coûte pas cher justement et le catalogue des promesses non tenues à ce sujet serait bien long...

Il est vrai que, dans son programme, le PS n’a pas fait mieux que sa candidate. Rien de sérieux sur le logement, par exemple, sinon la proposition de commander au Conseil économique et social... un rapport sur le droit au logement opposable, cette mesure bidon que Chirac vient de sortir de son chapeau. Il a sans doute oublié que ledit Conseil... a déjà écrit le rapport en question, il y a deux ans !


[1Nous conseillons vivement à nos lecteurs de consulter sur Internet la chanson « une rose, une femme, un projet » composée par les MJS 24 heures après avoir encore dit qu’elle était de droite.

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