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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 79, janvier-février 2012

Editorial

Philippe Poutou candidat du NPA : Des élections qui tombent à pic…

Mis en ligne le 22 janvier 2012 Convergences Politique

…évidemment à condition de savoir et vouloir en faire usage. Usage différent suivant qu’on se place dans le camp des exploiteurs ou celui des exploités.

Dans le premier, bourgeois, politiciens, médias, de droite, de gauche ou du centre, ne s’en privent pas pour concentrer l’attention sur ces prochaines présidentielles et législatives présentées comme l’enjeu majeur des prochaines années.

Pour la classe ouvrière et la grosse majorité des salariés au contraire, que le prochain président soit Nicolas Sarkozy, François Hollande ou encore François Bayrou ne changera rien de fondamental… ni même probablement de secondaire. La perte du triple A est l’occasion pour tous les commentateurs de remonter près de quarante ans en arrière, jusqu’en 1974. Trente huit ans exactement, dont sept de gouvernement de droite, puis cinq de gauche, suivi de deux de droite, cinq de gauche, quatre de droite, cinq de gauche et enfin dix de droite, durant lesquels la dette s’est accrue régulièrement pour le plus grand avantage de ceux qui avaient les capitaux. Pour les prolétaires, en revanche, elles ont signifié une exploitation toujours plus dure, par l’accroissement de l’intensité du travail, la baisse des salaires réels ou le chômage grandissant… voire les trois en même temps. Certes, sous les derniers gouvernements de droite et, plus spécialement, les cinq ans de présidence Sarkozy, ces attaques ont redoublé. La faute à la crise nous dit-on. Aimable prétexte puisque les grands capitalistes, multinationales ou investisseurs « institutionnels », ont continué à faire leur pelote pendant qu’ils détricotaient la couverture sociale.

Or la crise n’est pas terminée. Elle s’aggrave même. Le pays et l’Europe entrent en récession, annonce-t-on. Alors, même si Hollande est le futur président, tout ce qu’il fera, c’est continuer à la faire payer aux classes pauvres, pour redresser le pays, le budget, l’économie, l’industrie… C’est d’ailleurs son programme, à la lettre. Face à Sarkozy qui a « dégradé » la France, lui la redressera. Il n’y a que les capitalistes qu’il n’envisage pas de mettre à la redresse.

Pour l’extrême gauche et ses candidats (Philippe Poutou pour le NPA, Nathalie Arthaud pour LO), il ne peut donc être question de se présenter sur un programme de sortie de crise dans le cadre du système actuel. Cette crise est inhérente au système capitaliste, pas à la femme ou l’homme qui tient la présidence. Surtout dans un petit pays comme la France – mais même Obama à la tête des États-Unis n’a pas fait davantage. La seule question est : quelle classe paiera cette crise ? Et, pour que ce ne soient pas les classes exploitées, c’est le système qu’il faut changer.

Le programme du candidat du NPA est donc un programme de défense des intérêts des travailleurs, un programme pour les luttes de ceux-ci contre le chômage et pour le niveau de vie : interdiction des licenciements et répartition du travail entre tous avec maintien, ou plutôt rattrapage, des salaires et échelle mobile pour les protéger de l’inflation qui menace, refus de l’aggravation des conditions de travail et de la dégradation des protections sociales (retraites, maladie, perte d’emploi), etc.

Un programme qui ne pourra être imposé que par les luttes, qu’en s’en prenant et en confisquant les propriétés des capitalistes et leurs capitaux, à la condition que les travailleurs prennent le contrôle de la société et exercent le pouvoir sur l’économie. Eux-mêmes et pas simplement leurs représentants ou, surtout, leurs soi-disant représentants.

Ce programme n’apportera pas beaucoup de voix au candidat Poutou ? Peut-être. À voir quand même… s’il est largement popularisé et si, pour cela, les militants du NPA se saisissent de l’occasion des élections pour s’adresser à bien d’autres que ceux qu’ils touchent dans leurs activités quotidiennes habituelles. Car c’est cela l’enjeu. Plus que le nombre de voix recueillies le 22 avril prochain.

Le temps de redoubler l’offensive est donc venu.

D’abord pour obtenir les 500 signatures nécessaires pour que Philippe Poutou soit officiellement candidat. Et dans le même temps pour exposer ce programme lutte de classe au plus grand nombre.

Mais aussi pour cesser de déplorer la prétendue passivité des salariés devant les attaques subies ces dernières années. Ou encore l’état du NPA. Nos ennemis y suffisent largement. D’autant que les réactions contre les licenciements ou les grèves pour les salaires n’ont pas cessé, elles continuent en ce moment même. Ce qui manque c’est une perspective et une politique pour en faire une force.

Quant aux adhérents du NPA qui se refusent à faire campagne pour le candidat de leur parti parce qu’ils préféreraient un candidat commun à la gauche de la gauche (qui n’en a pas voulu d’ailleurs) ou un programme électoral plus compatible avec le maintien du capitalisme, eh bien dommage, le NPA se passera d’eux. Dans le passé, à l’occasion des présidentielles, la LCR ou LO ont réussi des campagnes lutte de classe, avec pas plus ou même moins de militants que ceux qui au NPA aujourd’hui sont prêts à soutenir Philippe Poutou.

16 janvier 2012

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Numéro 79, janvier-février 2012