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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 129, novembre 2019 > Films

Films

Papicha

Mis en ligne le 29 octobre 2019 Convergences Culture

Papicha

Film de Mounia Meddour – 1 h 45


Alger, années 1990. Tandis que le Front islamique de salut (FIS) [1] multiplie les attentats et attaques terroristes, des femmes et des hommes tentent de résister à cette vague intégriste. La jeune protagoniste du film de Mounia Meddour, Nedjma, oppose au port du hijab sa répartie rageuse et sa joie de vivre. Résidant dans une cité universitaire avec d’autres étudiantes issues des couches moyennes ou intellectuelles de la société algérienne, elle décide de tenir un défilé de mode subversif comme la seule chose qu’il reste aux filles de la cité pour avoir un peu de bonheur dans la noirceur qui s’installe.

Une ode à celles qui résistent

Pour l’instant interdit de diffusion en Algérie, Papicha n’est pas un film du passé : féroce dénonciation de ceux et celles qui prétendent contrôler le corps et la vie des femmes avec la religion, il s’en prend aussi à ceux qui fabriquent cette domination sexiste au quotidien. Selon Nedjma, la liberté ne peut se négocier : elle sera totale ou ne sera pas. Pour les « Papichas » du film (« belle filles » en algérois), la liberté, c’est bien sûr celle de s’habiller comme l’on veut sans aucune pression sociale, mais c’est aussi celle de sortir, de penser, de réfléchir, de créer…

Le jeu des actrices est saisissant de vitalité, et rend ainsi hommage à toutes celles qui n’ont attendu personne pour se révolter, notamment les militantes et manifestantes algériennes contre la colonisation française, telle la mère de Nedjma qui faisait passer des armes sous son habit traditionnel algérien. Par-delà sa dimension tragique, le film fait écho à toutes celles qui sont en première ligne des manifestations contre le système actuel, et pour qui la lutte contre le régime du FLN et de Bouteflika doit, aussi, s’en prendre au Code de la famille et aux forces islamistes algériennes.

Selma Timis


[1FIS : Suite aux grandes grèves ouvrières et manifestations de la fin des années 1980, le pouvoir du FLN a reconnu dans les forces islamistes un potentiel de canalisation de la colère populaire. Légalisé par le pouvoir, le groupe qui allait devenir le FIS s’en est pris aux contestataires de tout poil jusqu’à arriver à l’antichambre du pouvoir, avant que le FLN ne l’écarte brutalement du pouvoir, précipitant le pays dans une guerre de plusieurs années – guerre qui a permis au FLN de réprimer lui-même la population.

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Numéro 129, novembre 2019

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