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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 129, novembre 2019

La Poste

Les facteurs de Versailles relèvent la tête

Mis en ligne le 29 octobre 2019 Convergences Entreprises

Dans les Yvelines (78) comme partout, La Poste mène tambour battant des « réorganisations » destinées à supprimer des emplois, surchargeant de travail ceux qui restent. Elle utilise des méthodes de management bien connues des postiers et révélées récemment par l’émission Envoyé spécial qui a dénoncé de nombreux suicides.

Au centre des facteurs de Versailles – 120 agents –, il n’y avait pas eu de grève locale suivie depuis au moins vingt ans. Un nouveau directeur est arrivé il y a neuf mois. Il a depuis essayé de pratiquer un management par la terreur, se vantant d’avoir licencié des dizaines de postiers au cours de sa carrière, notamment dans l’Essonne (91).

Les sales méthodes de La Poste

Lui et ses adjoints menacent régulièrement les agents y compris les représentants syndicaux. Au début de l’été, une pétition contre les menaces et pressions managériales avait récolté 70 signatures.

Récemment, les facteurs se sont réunis pour discuter des problèmes au quotidien : non-paiement des heures supplémentaires, obligation de faire au pied levé une partie de la tournée des absents ou encore malaise d’un agent que la direction n’a pas déclaré en accident du travail. Ils étaient aussi inquiets de la nouvelle réorganisation, prévue en novembre comme c’est le cas tous les deux ans.

Un délégué de la CGT, représentant au CHSCT a organisé des prises de parole pour informer ses collègues. Mais la direction l’a convoqué en conseil de discipline le 18 septembre, vieille habitude à La Poste pour mettre la pression sur les travailleurs et les militants combattifs. Mal lui en a pris car ce 18 septembre, 25 facteurs de Versailles étaient en grève, pour le soutenir et contre la réorganisation de leur bureau.

Cette énième « réorg » comprend la suppression du quart des tournées : 16 en moins et la création d’un « îlot » – base d’embauche où les facteurs vont chercher des caddies déjà préparés par d’autres agents et font des kilomètres de tournées matin et après-midi. Pour faire passer la pilule le directeur a utilisé un chantage : si les facteurs acceptaient que la réorganisation soit avancée à octobre, ils auraient 300 euros de prime en plus.

La grève pour se faire respecter

La menace de licenciement d’un collègue a fait déborder la colère : un préavis de grève a été déposé contre cette menace, pour le report de la réorganisation, pour le départ du directeur et de son adjoint, et contre la mise en place de l’îlot.

Avant même le début de la grève, plus de 90 collègues ont signé une pétition pour défendre leur collègue, faisant reculer la direction qui lui a tout de même mis un blâme.

Lundi 14 octobre, une quarantaine étaient en grève ; ils ont pu rallier à leur mouvement des collègues du centre du Chesnay le mercredi puis, le vendredi, une quinzaine de collègues de Croissy, eux aussi réorganisés en mai. Après un dernier passage pour convaincre d’autres services à Versailles, les facteurs ont décidé de reconduire le mouvement pour une deuxième semaine, la direction n’ayant rien lâché.

Dans les propos des grévistes revient beaucoup la fierté de mettre la pression sur le directeur et de mener leur lutte comme ils l’entendent. Rien ne sera plus comme avant dans ce qui était jusqu’à présent le plus gros bureau et le plus calme des Yvelines.

17 octobre 2019, Marie Mado

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Numéro 129, novembre 2019

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