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SNCF

Paris Saint-Lazare : semaine chargée !

Mis en ligne le 30 octobre 2019 Convergences

Le lundi 14 octobre, des agents des trains Grandes lignes et Banlieue « déposaient le sac », c’est-à-dire arrêtaient de travailler en faisant valoir leur droit de retrait, à la suite de sept agressions successives, dont cinq en un week-end. De quoi faire déborder le vase, car les cheminots du secteur sont déjà sous le coup :

– de réorganisations liées à la séparation entre les activités Transilien et Grandes lignes normandes ;

– de menaces sur le statut de roulants des contrôleurs banlieue (avec pertes de salaires en conséquence) ;

– de la politique du chiffre de la LAF ou lutte anti-fraude (mettre toujours plus de « prunes » pour toucher des primes !) ;

– et enfin, des attaques sur les roulements (ou emplois du temps) annoncés pour le service 2020.

Ce qui se traduit, entre autres, par une baisse dramatique des effectifs.

Pas de division entre nous !

Très vite, l’info du dépôt de sac circule et, en milieu de matinée, le débrayage des contrôleurs et contrôleuses est rejoint par des agents de conduite et de l’escale, certains en repos, d’autres exerçant leur droit de retrait également. Des chefs du contrôle tentent de réunir une délégation dans une salle à part pour calmer tout le monde, tenter de séparer les problèmes et les agents (Transilien d’un côté, Grandes lignes de l’autre). Mais il n’en est pas question pour les collègues du contrôle mobilisés : c’est tous ensemble qu’ils veulent être reçus ! À la mi-journée de ce lundi 14 octobre, avec les nouvelles prises de service, le cortège grossit sur le lieu de rassemblement du quai 1. Devant l’affluence, la direction traine des pieds pour trouver une salle. Un petit chef apporte à deux conducteurs venus en soutien des « mises en demeure » écrites leur intimant de reprendre le travail. Ni une, ni deux, la centaine de présents accompagne les conducteurs à leur local de prise de poste, ce qui grossit les rangs des conducteurs qui refusent de prendre leur service.

La direction dans ses petits souliers

Affolés, les grands chefs arrivent illico : les mises en demeure auraient été des maladresses, ils jurent qu’elles seront déchirées ! Des discussions s’engagent alors sur ce qu’il faut mettre en œuvre pour stopper l’épidémie d’agressions. Les chefs du contrôle tentent malencontreusement de vendre le dernier gadget de l’entreprise : des caméras portatives que les contrôleurs devraient déclencher en cas de conflit et braquer sur le voyageur récalcitrant, avec menace d’identification ultérieure. Pas meilleure trouvaille pour envenimer les situations tendues ! Un tollé et à nouveau, la direction remballe l’expérimentation du joujou à Saint-Lazare.

Les problèmes ne viennent

pas de nulle part

Par tous les bouts, en fait, la politique de la direction met les voyageurs sous pression et expose les cheminots à leur mécontentement : les moyens humains et matériels ne sont pas réunis pour la bonne circulation de trains, à l’heure ; les rames sont trop petites, sans toilettes, parfois répugnantes faute de temps et d’agents pour les nettoyer ; des dizaines de guichets Grandes lignes ou Transilien ont été supprimés sur la région ces dernières années ; le parc de distributeurs automatiques de billets et de composteurs est vétuste et défaillant. La direction multiplie les pressions pour que les agents du contrôle et agents commerciaux de gare aillent à l’affrontement avec des voyageurs (toujours cette LAF ou lutte anti-fraude), alors que l’achat d’un titre de transport tient du parcours du combattant (trois quarts d’heure d’attente aux guichets). Les nerfs sont donc à vif. Ceux des usagers aussi. Tout est fait en haut lieu pour que les choses se passent très mal pour les agents. Mais l’effet boomerang est arrivé : dépôt de sac le lundi, précédant une grève qui de toute façon était annoncée et préparée pour le mardi 15 octobre.

Dès le lundi soir, les impacts de la grève sur les trains se faisaient sentir. C’était donc la grève des contrôleurs de Grandes lignes, large le lendemain. Réunion de 80 en assemblée générale. Des conducteurs les rejoignent. La direction commence à reculer sur les emplois du temps et certaines des revendications ; les collègues, le mercredi, en étaient encore à réfléchir aux suites du mouvement en cours… que survenait l’annonce de l’accident de Champagne-Ardennes… suivi du spectaculaire « dépôt de sacs ». National cette fois.

À Saint-Lazare, ça continuait donc !

20 octobre 2019

Correspondant(e)s.

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Numéro 129, novembre 2019