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Les Kurdes, entre révoltes et trahisons des grandes et petites puissances

Mis en ligne le 29 octobre 2019 Convergences Monde

1920, le traité de Sèvres : la promesse d’un État kurde, jamais tenue

C’est à l’issue de la Première Guerre mondiale, lorsque les puissances impérialistes commencent à dépecer l’empire ottoman, que le KTC (Société pour le redressement du Kurdistan), est créé par un groupe d’intellectuels et d’officiers. Une partie de cette organisation milite alors pour la création d’un État indépendant kurde et réussit à imposer la question kurde lors de l’élaboration du traité de Sèvres signé en août 1920. Ce traité, s’il consiste surtout à partager le gâteau ottoman entre puissances impérialistes, émet l’hypothèse (plutôt qu’il ne promet) de la création d’un État kurde indépendant mais aussi d’un État arménien. Le traité de Sèvres ne sera jamais appliqué.

 

1925 : la région du Kurdistan est séparée entre la Turquie, l’Iran, la Syrie et l’Irak. Les mandataires britanniques qui s’étaient engagés à créer une région autonome Kurde en Irak ont vite oublié leur promesse. En Syrie « française », si les autorités coloniales ont concédé une expression culturelle kurde, il n’a jamais été question d’autonomie et encore moins d’indépendance.

 

1946 : Survivant presque un an, la République de Mahabad, un État kurde du nord du Kurdistan iranien, est fondée. Elle ne survit que par l’aide soviétique, l’URSS s’en servant comme moyen de pression pour négocier l’accès au pétrole iranien. Une fois l’appui soviétique retiré, la république kurde n’a plus aucune chance.

1974-1975 : Insurrection du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) en Irak, soutenue militairement par le shah d’Iran et la CIA. Cette insurrection fait long feu après l’accord Iran-Irak de 1975 et le lâchage américain.

1980-1988 : Guerre Iran-Irak. Tout en réprimant férocement les mouvements kurdes sur son territoire, la République islamique d’Iran appuie les mouvements nationalistes kurdes d’Irak pendant la guerre. À la fin de la guerre, les Kurdes d’Irak sont lâchés par l’Iran et massacrés par l’armée irakienne.

1991 : Insurrection populaire des Kurdes et des Chiites d’Irak. Les Chiites complètement lâchés par les Occidentaux, alors qu’on sort de la guerre du Golfe. Les Kurdes, eux, grâce à une « zone d’exclusion aérienne décrétée par l’ONU, arrivent à développer un pouvoir autonome au nord du 36e parallèle (avec Erbil mais sans Suleïmanié ni Kirkouk).

1994-1997 : Guerre civile kurde irakienne, entre le PDK et l’UPK (Union patriotique du Kurdistan). Les premiers sont soutenus par l’Irak, les seconds par l’Iran.

2012- : Au cours de la guerre civile, le régime syrien laisse le PYD, branche syrienne du PKK, prendre le contrôle de trois cantons au nord du pays. À partir de 2014, les milices du PYD obtiennent le soutien de la coalition anti-Daech dirigée par les États-Unis, permettant à cette dernière de ne pas engager de troupes au sol, hormis les forces spéciales.

2017 : Suite aux succès militaires des Peshmergas kurdes irakiens dans la guerre contre Daech, le gouvernement autonome kurde irakien organise un référendum d’indépendance. Le « oui » l’emporte à 92 %. Qu’importe, les chars irakiens reprennent la ville pétrolière et multi-ethnique de Kirkouk et aucune des grandes puissances « amies » du Gouvernement autonome kurde (USA, France, etc.) ne proteste.

2018 : l’armée turque conquiert le canton kurde d’Afrine au nord de la Syrie, sans que les États-Unis ne bougent le petit doigt pour défendre leur « allié ».

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