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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 144, mars 2022

Où en est la lutte contre l’allotissement aux Transports en commun lyonnais (TCL) ?

Mis en ligne le 16 mars 2022 Convergences Entreprises

(Photo : rassemblement le 9 février)

Après une journée de grève très réussie le 9 février, avec plus d’un millier de grévistes, le tiers de ceux qui devaient travailler ce jour-là, une nouvelle journée de mobilisation nettement moins suivie a eu lieu le 10 mars, jour du vote du projet d’allotissement par le Sytral, l’autorité qui organise le réseau de transports en commun lyonnais (TCL).

L’allotissement est décidé

La nouvelle majorité écologiste, dirigée par Bruno Bernard, s’est mis en tête de couper le réseau en quatre lots qui feraient l’objet de marchés différents à partir de 2024. On connait enfin les contours précis de ce découpage. Les deux lots principaux sont pour les « modes lourds » (métro, tram et funiculaire) et pour les lignes de bus. La « relation usagers » (information, agences commerciales) sera gérée par une société publique locale cogérée par le Sytral et la métropole de Lyon et il reste un plus petit lot pour Optibus (le service de transport adapté).

Cet allotissement n’a rien de spécifiquement lyonnais. Bien des réseaux font l’objet de tels repartages du gâteau entre grands groupes du transport, à commencer par le réseau francilien (grande comme petite couronne). Mais il est ironique que les écolos qui défendent pendant les campagnes électorales les transports en commun s’en prennent, une fois aux responsabilités, à ceux qui les font fonctionner.

Car les transferts de salariés de l’entreprise qui exploite actuellement le réseau, Keolis Lyon, aux nouvelles entités créées après 2024 seront probablement l’occasion pour les employeurs du secteur de tester comment ils peuvent attaquer les travailleurs. Bruno Bernard a promis que « la concurrence ne se fera pas sur le dos des salariés » et agite un « socle social » prétendu protecteur. Mais dans les relations entre autorités organisatrices et groupes du transport, la concurrence se fait principalement sur le prix, c’est-à-dire, au final, sur le nombre de salariés, comment ils travaillent et sont payés.

Négocier le socle social ou enfoncer le bélier social ?

Les salariés ont raison de ne pas croire au « socle » de Bruno Bernard. Mais en l’absence d’une réaction massive de leur part, le projet d’allotissement a été voté par le Sytral et les négociations du « socle » vont s’ouvrir. On peut expliquer de plusieurs manières le fait que la journée du 10 mars a été moins suivie que celle du 9 février : sur les quatre syndicats qui appelaient à la grève en février, deux (FO, Unsa) n’ont pas appelé en mars et les deux autres (CGT, CFDT) ont bien mis trois semaines pour annoncer une nouvelle journée de grève. Ils disaient alors vouloir négocier un socle social… mais pour une seule et même entreprise. Une manière de s’opposer à l’allotissement par principe tout en laissant la porte ouverte à de futures séances de négociation avec le Sytral ?

Cela n’avait rien de mobilisateur. Il y aurait pourtant eu matière à avancer, après le 9 février et alors que les négociations annuelles obligatoires (NAO) approchent, des revendications offensives à imposer à l’actuel employeur, Keolis Lyon. Celui-ci n’attend pas l’allotissement pour geler les salaires et s’en prendre aux conditions de travail ! Gagner dès maintenant contre Keolis serait d’ailleurs la meilleure manière (et la seule) de se prémunir contre les attaques à venir. Il n’est pas trop tard : le calendrier des NAO commence mi-mars, le 25 mars, des salariés de la RATP feront grève pour des raisons que partagent les salariés de Keolis Lyon (ouverture à la concurrence, augmentations de salaire), et le 4 avril, la CGT Transports appelle à la grève dans toute la branche. Autant d’occasions de faire valoir les revendications unificatrices des travailleurs du secteur.

Bastien Thomas

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