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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 11, septembre-octobre 2000

La Poste et les 35 heures (Suite)

Mis en ligne le 1er octobre 2000 Convergences Entreprises

Au Courrier International

L’accord ARTT qui vient d’être mis en place au Centre de Tri « TIM » du Bourget, Seine-Saint-Denis - dans un centre donc situé en plein ‘93’, et dont la moyenne d’age est de 23-25 ans - est à l’image de ce qui a été fait ailleurs : maintien de la flexibilité et de la précarité. Il était attendu par les agents, pourtant, cet accord. Mais essentiellement parce que la direction (et les syndicats locaux CFDT et SUD) liaient à sa mise en place l’embauche en CDI des nombreux précaires. Prévue un temps pour le début du printemps (mars ou avril), la signature a ensuite été reportée de 3 semaines en 3 semaines, les précaires étant allégrement ballottés à ce rythme jusqu’à juillet ou août, date à laquelle des CDD ont été transformés en CDI, faisant officiellement passer la « Force permanente de travail » de 118 à plus de 160 (mais sans une seule embauche effective supplémentaire). A priori une bonne chose donc que cet accord... s’il n’y avait pas des contreparties beaucoup moins acceptables, en ce qui concerne d’une part le travail du samedi et d’autre part la précarité. En effet, les quarante à cinquante nouveaux CDI étant les anciens CDD, il n’y a pas eu la moindre embauche effective. Mais en revanche il reste toujours plusieurs dizaines d’intérimaires.

Le travail du samedi

Sans un un réel accroissement du nombre de travailleurs, le travail du samedi est maintenu essentiellement en l’état. Les brigades 6-13 h, et 13-20 h travaillent en demi-brigade un samedi sur deux, et 3 agents de la 17-24 h continuent à gagner le gros lot de bosser tous les samedis. Ils sont les seuls dans le centre. Le chef de centre a bien proposé que ces 3 agents cessent de travailler tous les samedis, mais à condition... que toute la brigade 17-24 h travaille le samedi en roulement (alors qu’à ce jour l’essentiel de cette brigade ne travaille jamais le samedi). Il a même eu le culot de faire la leçon : « travailler le samedi serait la moindre des solidarités vis-à-vis de vos 3 collègues ». Sa proposition n’a pas été très appréciée ! Il n’a pas insisté...

La précarité

La précarité ensuite est toujours là. Pas seulement, comme le dit la direction du centre, parce que l’activité du centre serait concurrentielle et qu’il serait nécessaire d’avoir des agents intérimaires en fonction des aléas du trafic (le trafic est censé augmenter de 61 tonnes par mois en moyenne sur l’année 2000). Mais parce que l’utilisation de précaires permet à La Poste de mettre la pression sur eux. Il leur est plus difficile de faire grève, de « l’ouvrir », et ils sont donc corvéables à merci... Et pour ceux qui ne l’auraient pas compris, eh bien c’est la porte : c’est ainsi que les missions de certains (dont plusieurs étaient là depuis 10 mois) n’ont pas été renouvelées durant l’été.

Heureusement si des syndicalistes signataires (CFDT et Sud) de l’accord semblent trouver normal de laisser partir, contre leur gré, des collègues présents depuis plus de 10 mois avec eux, beaucoup d’autres ne l’avalent pas.

10 septembre 2000, Christophe CERISIER

A Paris 10

A la poste de Paris 10, les 35 heures sauce Aubry sont appliquées depuis le mois de mai.

A la messagerie qui s’occupe de la distribution des colis, les facteurs doivent eux-mêmes « acheter » les jours de repos supplémentaires censés être obtenus par l’application de l’accord. En effet, pour obtenir un samedi de repos supplémentaire par mois les collègues doivent compenser en distribuant les colis de leur quartier plus la moitié d’un autre les deux autres samedis travaillés. En arithmétique patronale, c’est la réduction du temps de travail. Pour nous, ça ne signifie aucune réduction du temps de travail mais, par contre, une véritable augmentation de la charge de travail.

Il y a eu une grève en mars dernier suivie par 95 % du personnel, au moment du passage aux 35 heures. Il semble qu’il y ait urgence à remettre cela.

15 septembre 2000. J.J.

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