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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 11, septembre-octobre 2000

Le scandale des éthers de glycol : l’omerta d’IBM

Mis en ligne le 1er octobre 2000 Convergences Entreprises

En France un million et demi de travailleurs, dans le bâtiment, l’électronique ou les industries mécaniques, seraient exposés aux éthers de glycol.

Au Mexique, une étude faite en 1992 auprès d’enfants dont la mère a travaillé au contact de certains éthers de glycol a révélé 44 cas d’anomalies faciales, neurologiques, testiculaires ou encore des muscles ou du squelette. Aux USA, 128 personnes ayant travaillé au contact d’éthers de glycol à l’usine IBM de Fishkill près de New-York, intentent un procès qui doit débuter le 10 janvier 2001. Or il se trouve qu’en France, l’usine d’IBM-Altis à Corbeil est la sœur jumelle de celle de Fishkill...

L’appel à témoignages lancé en plein mois d’août par un cabinet d’experts, TRACES, et par la CGT d’IBM-Altis à Corbeil, dans l’Essonne, auprès des travailleurs d’IBM ayant été victimes de fausses couches ou ayant eu des enfants mal formés a été largement entendu : plusieurs cas de cancers, de stérilité, de naissances d’enfants mal formés ou encore de fausses couches ont déjà été recensés.

Les certitudes d’IBM...

Il s’agit maintenant de voir si tous ces salariés ont bien été en contact avec des éthers de glycol. Car il existe une quasi-certitude scientifique, comme le montre un rapport de 1999 de l’INSERM, sur les effets néfastes des éthers de glycol. Officiellement, IBM a cessé d’utiliser les éthers de glycol de série E, les plus dangereux, en 1994, tout en prétendant qu’il n’y avait pas « formellement de corrélation entre l’exposition à ces produits et de possibles conséquences sur la santé ».

Mais s’il n’y avait aucun danger, pourquoi un cadre d’IBM a-t-il été muté et rappelé à l’ordre par les dirigeants du groupe après avoir dénoncé ces risques dès 1965 ? Pourquoi les femmes travaillant au contact des éthers de glycol étaient-elles changées de service dès qu’elles tombaient enceintes ? Ce qui ne servait à rien, du reste : il suffit d’une journée d’exposition aux éthers de glycol pour mettre en danger le développement de l’embryon, et cela dès sa conception, c’est-à-dire bien avant que la femme ne sache qu’elle est enceinte !

Le Dr Brugère, alors chef de Service à l’Institut Curie, inquiet du taux élevé de cancers ORL observé parmi les salariés d’IBM, avait alerté à plusieurs reprises, en 1998, le médecin du travail d’IBM-Corbeil. En vain… Interviewé à la télé, ce dernier a récemment réaffirmé qu’une étude des risques liés à l’utilisation des éthers de glycol « n’était pas justifiée ».

...et ses silences

A Corbeil, la direction d’IBM-Altis se donne du mal pour rassurer les salariés. Cet été, elle a réuni le personnel de l’usine et a accusé la presse d’avoir exagéré les risques des éthers. Selon elle, il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter…

IBM se dit « intéressée de connaître les conclusions » de l’appel à témoignages attendues fin octobre et assure que « la santé et la sécurité de ses collaborateurs sont une préoccupation essentielle et permanente ». Alors pourquoi, les directions d’IBM et d’Altis ont-elles refusé de déclencher une enquête épidémiologique comme certains délégués le leur ont demandé lors de la réunion CHS-CT du 12 septembre dernier ?

13 septembre 2000, Henri LEROUX

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