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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 11, septembre-octobre 2000

Licenciement d’une militante syndicale à l’hôpital d’Argenteuil

Mis en ligne le 1er octobre 2000 Convergences Entreprises

De récentes affaires, à France Telecom et les hôpitaux publics laisseraient penser que les directions des services publics sont en passe de montrer l’exemple dans la répression antisyndicale. A l’hôpital Esquirol (Val de Marne) ce sont trois militants qui sont mis en examen suite à une mobilisation du personnel pour protester contre le licenciement d’agents contractuels ; à France Telecom des militants syndicaux sont menacés de plusieurs mois de mise à pied sans rémunération pour s’être opposés à la fermeture de centres, et leurs camarades du centre Voltaire sont convoqués devant un conseil de discipline pour avoir informé leurs collègues par affichage que leur patron s’est octroyé une coquette prime d’un million de francs.

Dernier exemple tout aussi scandaleux, celui du centre hospitalier Victor-Dupouy d’Argenteuil. Alors que le directeur cherche à imposer un plan de passage aux 35 heures de nuit qui se traduirait par la perte de plus de 2000 francs par mois... et des nuits de travail de dix heures d’affilée, il décide de s’en prendre à un infirmière, Edith L., l’une des militantes syndicales particulièrement impliquées dans la mobilisation contre son projet.

Les premières sanctions et la procédure disciplinaire à son encontre (mutation d’office en équipe de jour, la coupant ainsi de ses collègues de nuit – sans parler d’une amputation de 3000 F par mois de son salaire – et convocation du conseil de discipline) sont tombées, comme par hasard, au lendemain même d’une assemblée générale de l’équipe de nuit contre l’aménagement du temps de travail envisagée par le directeur. Officiellement, on lui reproche, sur rapports de commande de trois cadres chargées de guetter ses faits et gestes, trois courtes absences de son service. En réalité, son dossier disciplinaire est si vide, les rapports desdits cadres si manifestement tendancieux, tardifs, imprécis et pour certains carrément mensongers, que le conseil de discipline, réuni début juillet, n’a voté aucune sanction à son encontre, ni les plus lourdes (dont la révocation) ni les plus légères.

Mais le directeur passe outre l’avis du conseil de discipline. Courant juillet, il décide, de son propre chef, de révoquer (autrement dit de licencier) cette militante syndicale, secrétaire de la section SUD-CRC de l’hôpital. Depuis, Edith a eu non seulement le soutien de ses collègues, de nombreuses organisations et différentes personnalités, mais également celui de la population d’Argenteuil qui continue de signer la pétition du comité de soutien qui s’est constitué en sa faveur (plus de 3000 signatures à ce jour).

A l’appel du comité de soutien et des deux syndicats de l’hôpital, SUD et CGT, un rassemblement de près de 300 personnes s’est déroulé le 12 septembre devant l’hôpital. Voici quelques extraits de l’intervention d’Edith L. lors de ce rassemblement :

« Mon crime, donc, parce qu’il fallait en trouver un, serait de m’être déplacée de mon service, de m’être absentée un moment, (j’ajoute d’ailleurs pour des raisons syndicales). Comme si la direction n’était pas au courant que dans les services de nuit il existe une tolérance générale pour les courts déplacements d’un service à l’autre, à Argenteuil comme dans tous les autres hôpitaux du pays, pour des raisons évidentes propres aux contraintes de nuit(…) Mais il y a une autre tolérance de la direction, vis-à-vis d’elle-même cette fois, beaucoup moins légitime, et qui porte non pas sur quelques minutes d’absence, mais sur des absences de plusieurs heures voire de nuits entières(…) Nul n’ignore que la nuit on nous impose de plus en plus fréquemment de doubler les services, parfois sur deux étages, faute de personnel suffisant. Là, on ne nous parle plus de la sécurité des malades(…) Et je vais vous dire la meilleure. C’est que dans mon dernier rapport d’appréciation pour les notations, celui de l’an dernier, de 1999, j’ai droit à une appréciation élogieuse pour avoir assuré avec efficacité la garde de nuit de deux, je dis bien deux, unités de gastro-entérologie(…) Voyez-vous, on me considère comme particulièrement compétente pour assurer la garde de deux services simultanément (…) mais on me considère comme une irresponsable qu’il faut révoquer séance tenante, pour un déplacement de quelques minutes alors qu’on peut me joindre immédiatement à tout instant. »

Bien entendu, outre la mobilisation locale, Edith a fait appel à la commission des recours de la fonction publique pour annuler la décision de révocation. Cette commission devrait sans doute se réunir courant octobre. En attendant, la mobilisation continue. Le comité de soutien à Edith appelle les personnels hospitaliers comme les travailleurs et habitants d’Argenteuil à participer à un nouveau rassemblement de soutien le samedi 14 octobre à 15 heures devant l’hôpital d’Argenteuil. Affaire à suivre.

15 septembre 2000, V.R.

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