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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 56, mars-avril 2008

Editorial

Et maintenant quel objectif ?

Mis en ligne le 21 mars 2008 Convergences Politique

Le rideau tombe sur la tragi-comédie des municipales et des cantonales que les grands partis de gauche et droite nous jouent depuis des mois. On peut se réjouir que 10 mois après la présidentielle, Sarkozy soit déjà désavoué !

La gauche est gagnante en voix, et surtout en postes de maires et conseillers généraux grâce au miracle d’un système qui voit le vainqueur rafler toute la mise. Le PS tire donc le gros bénéfice. Le PC sauve des meubles mais ses « amis » socialistes lui fauchent néanmoins, en Seine-Saint-Denis, la mairie d’Aubervilliers et la présidence du conseil général.

Bémol au tableau rose : le désaveu de la droite n’a rien d’un engouement pour la gauche. Rarement l’abstention n’a compté tant d’adeptes. À croire que dans les banlieues, les cités, parmi les accidentés du capitalisme, les appels à « bien voter et on fera le reste » n’ont pas mordu.

L’UMP de Sarkozy perd 42 villes de plus de 30 000 habitants et 8 conseils généraux. Elle ne dirige plus la majorité des villes importantes ni des départements. Mais qu’à cela ne tienne, le gouvernement annonçait au soir du 16 mars, par la bouche du premier ministre Fillon, qu’il ne ralentirait pas pour autant les « réformes », c’est-à-dire les attaques contres les travailleurs.

Il est vrai que s’ils pensent n’avoir affaire qu’à la gauche gouvernementale, Fillon et Sarkozy n’ont aucune raison d’avoir peur. À l’arrivée des résultats, les mines des Hollande, Royal, Fabius ou leurs amis étaient bien réjouies. Certaines plus que d’autres. Chacun de compter les siens, ou ceux de son clan, pour se mettre sur les rangs de la course au secrétariat du Parti… Avec en ligne de mire la lointaine présidentielle de 2012. Mais si les leaders du PS ont pourfendu l’ « injustice » faite aux plus pauvres par Sarkozy, le « paquet fiscal », les « franchises médicales », la baisse du pouvoir d’achat des salaires et des retraites, etc., ils ont juré de respecter l’ordre républicain et de ne mettre aucun feu aux poudres. Ce ne sont pas des soixante-huitards. Et le PS n’est pas pour l’insurrection...même justifiée !

Aucun n’a même évoqué la journée de grève que préparaient pour le surlendemain les profs des lycées et collèges qui perdent dès la rentrée prochaine quelque 10 % de leurs effectifs. Pas un seul n’a évoqué les travailleurs désespérés des entreprises menacées de fermeture. Ni le sort des personnels hospitaliers en sous-effectif. Ni celui de tous les travailleurs dont la retraite devrait être frappée d’un allongement à 41, puis 42 ans de cotisations. Ni celui des sans papiers, etc.

Les socialistes ne veulent rien faire de radical. Comme ils n’avaient rien fait de leur victoire aux régionales de 2004, si ce n’est de multiplier les subventions aux entreprises privées... Bref appliquer à leur niveau la même politique que le gouvernement.

Une partie de l’électorat a néanmoins saisi ces municipales pour exprimer sa colère contre Sarkozy, en même temps que sa méfiance vis-à-vis du PS et de ses alliés, en votant pour l’extrême gauche, LO ou LCR, là où elle se présentait sous ses propres couleurs. Ses listes ont souvent fait au premier tour des scores de 5 % à 10 %, plus même en quelques endroits. Du même ordre ou même plus qu’aux dernières présidentielles, Arlette Laguiller et Olivier Besancenot ensemble.

On ne peut que regretter que l’extrême gauche ne se soit pas présentée ensemble dans ces élections, plus préoccupée de ses petites affaires, quelques conseillers municipaux de plus pour LO, quelques alliés de plus pour le nouveau parti de la LCR, que de mettre ses forces en commun et son programme en avant pour offrir une perspective générale de lutte aux travailleurs.

Les urnes maintenant rangées, les illusions vite enterrées, qui d’autre que l’extrême gauche peut sincèrement convaincre le camp des travailleurs qu’il ne pourra vraiment compter que sur ses propres forces ? C’est à cela que nous devons nous appliquer.

17 mars 2008

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