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DOSSIER : Les États-Unis après les élections de mi-mandat du 6 novembre 2018

En Californie, les incendies jugent le système !

Mis en ligne le 8 décembre 2018 Convergences Monde

Extraits de l’éditorial des bulletins d’entreprises du groupe Speak Out Now, du 19 novembre 2018

Le « feu de Camp » (Camp Fire) de 600 km2 qui a ravagé la ville de Paradise n’est pas le fait de campeurs étourdis. Cet incendie a été ainsi nommé car il a débuté sur la route de Camp Creek [1]. Tous les indices mettent en cause l’incendiaire en chef de Californie : l’entreprise PG&E (Pacific Gas and Electric company).

Pour la seconde fois en un peu plus d’un an, cette entreprise privée, qui contrôle presque tout le système de livraison de gaz et électricité de l’État, est responsable d’un meurtre de masse. A ce jour, 76 personnes sont mortes dans les flammes, 1 000 étaient encore introuvables ce 19 novembre [2], et 9 844 maisons ont été réduites en cendres. La plupart des 81 000 personnes qui ont fui le feu campent maintenant dans des tentes sur un parking Walmart dans la ville voisine de Chico, ou sur des terrains de fêtes foraines, d’églises ou d’écoles.

Le traumatisme que ces rescapés ont subi face à ces tempêtes de feu est inimaginable. Des centaines se sont trouvés face à des murs de flammes, attisés par un vent à 80 km/h qui dévorait 4 000 m2 à la seconde. Les premiers secours – surtout les pompiers – ont fait preuve d’héroïsme, venant à la rescousse des habitants tout en tentant de contrôler le feu. À noter que les prisonniers exploités par les prisons privées pour un dollar de l’heure ont été envoyés en première ligne sur le champ de bataille ! D’autres ont risqué leur vie, sauvé amis, voisins et inconnus. Sans oublier les efforts d’anonymes californiens qui n’ont pas cessé de collecter de l’argent, des couvertures, des habits, du lait maternisé, des tentes, de l’eau, de la nourriture pour animaux, des jouets… D’autres encore montent des cuisines, organisent le ravitaillement pour aider ceux et celles qui ont à subir ce désastre.

Mais où sont passées les ressources importantes de cet État, où résident plus de milliardaires que dans la plupart des pays du monde, et dont le PIB équivaut à celui de la France ? Quand l’armée américaine a envahi l’Irak, des villes entières furent construites dans le désert, mettant à la disposition de dizaines de milliers de soldats de quoi dormir, manger et se laver.

Ceux qui contrôlent les ressources de notre société ne se sont que peu préoccupés des personnes impactées par le feu. Au contraire, ils ont sauté sur l’occasion pour sauver l’entreprise PG&E des milliards qu’elle aurait à débourser en poursuites judiciaires. Cette sollicitude envers PG&E n’est pas nouvelle. Il y a un peu plus d’un an, des feux de forêts se sont déclenchés dans les alentours de Sonoma, de Napa et d’autres villes au nord de l’État de Californie, faisant 43 morts et détruisant les maisons de milliers de personnes. Toutes les preuves sur l’origine du feu désignaient l’incapacité de PG&E à maintenir les lignes électriques en état, à élaguer les branches d’arbres pouvant tomber sur les lignes en cas de grand vent. Suite au feu, le gouverneur Jerry Brown et les politiciens de Sacramento ont légiféré pour que les coûts des poursuites (plus de 10 milliards de dollars) ne soient pas assumés par PG&E. (…)

Mais il ne s’agit pas que de PG&E. Tout est plus sec et les feux ne sont plus contrôlables – ils deviennent des tempêtes de feu. Cela fait des décennies que les scientifiques nous ont prévenus des raisons du réchauffement climatique planétaire. Mais les politiciens ne vont pas mettre un coup d’arrêt à ces industries du pétrole et du charbon, ainsi qu’aux autres industries qui continuent d’utiliser des énergies fossiles. Au milieu de cette destruction, nous voyons les efforts de ceux et celles qui tentent de venir en aide aux rescapés. Nous voyons que nous n’avons pas besoin de ceux qui trônent en haut de ce système inhumain. Nous avons de bien meilleures capacités pour faire fonctionner cette société par nous-mêmes !


[1Camp Creek (le « ruisseau du camp »), un ruisseau du parc national de Yosemite, en Californie, qui doit paraît-il son nom à un topographe de la Commission géologique des États-Unis qui y avait campé.

[2Fin novembre, il restait encore 200 personnes dont on n’avait toujours pas de nouvelles.

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