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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 62, mars-avril 2009

Editorial

« Douboutt kont tout pwofitasyon » !

Mis en ligne le 7 mars 2009 Convergences Monde

C’est bien parce qu’ils se sont mis « Debout contre toute l’exploitation », ont engagé une grève générale de plusieurs semaines, que les travailleurs de Guadeloupe ont gagné les 200 euros mensuels d’augmentation.

Une nouvelle fois, preuve est donnée que seule la lutte paie – même si le prix peut en être lourd, un militant syndical y a laissé sa vie. Preuve est aussi donnée qu’une lutte d’ampleur peut être contagieuse. Les travailleurs de Martinique s’y sont mis à la suite de ceux de Guadeloupe. Ceux de la Réunion et de Guyane pourraient le faire, encouragés par le succès en Guadeloupe. Et ceux de France pourraient aussi s’y mettre, car s’ils sont à 6 759 km, ils sont bien proches par la façon dont ils sont exploités, par les mêmes trusts (Total ou Carrefour entre autres) qui sévissent aussi aux Antilles.

Certes la contagion n’a pas encore gagné, mais sa menace a eu pour effet de faire craquer Sarkozy et ses amis patrons. Ils y ont mis le temps. Ont renâclé, tergiversé, trépigné, juré qu’ils n’avaient pas un radis… et dépensé un fric fou en centaines de CRS ou gendarmes envoyés en renforts. Mais au bout du compte, même s’ils ont lâché l’argent selon un maquignonnage de grigous entre patronat, État et collectivités locales, croyant ainsi sauver la face, les travailleurs des Antilles ont gagné.

Il s’agit maintenant de s’appuyer sur ce premier succès pour poursuivre la préparation de la riposte, entre autres à ce plan de relance de Sarkozy qui n’est autre qu’une nouvelle attaque contre les travailleurs.

Tandis que s’abattent licenciements, fermetures d’entreprises, périodes de chômage partiel qui vont désormais pouvoir atteindre 800 heures par an, autant dire un mi-temps avec sérieuse baisse des salaires, Sarkozy débourse à nouveau 26 milliards d’euros, qui iront dans la poche des patrons, avec rallonge de 7,8 milliards pour ceux de l’automobile. Ces dizaines de milliards, ajoutés aux centaines déjà accordés aux banques, seront payés directement par les contribuables, mais aussi indirectement par toute la population, par exemple par la casse des services publics dont la quantité et la qualité vont encore baisser. À noter pourtant qu’il n’y a pas un centime pour le Smic, ces quelque 1 000 euros nets mensuels qui représentent le loyer d’un deux pièces dans les centres villes.

D’où la colère latente, qui s’exprime aujourd’hui dans des conflits qui restent malheureusement dispersés : à La Poste, dans l’automobile, dans les hôpitaux, les universités et les établissements scolaires, dans les entreprises du privé menacées de fermeture, ce qui est le cas d’une multitude de sous-traitants de l’automobile, de la métallurgie ou de la chimie.

Comme à la Guadeloupe, il faut que tous les travailleurs s’y mettent ensemble et pour un même programme.

Problème : l’absence de détermination des chefs des confédérations CGT, CFDT, FO ou FSU, etc. C’est après moult hésitations, palabres avec Sarkozy aux basques duquel ils restent suspendus, qu’ils ont appelé à une suite au 29 janvier… près de deux mois plus tard. Et sans mettre en avant les revendications qui unifieraient les luttes : 300 euros d’augmentation pour tous, interdiction des licenciements, fin de toute précarité, embauches massives dans les services publics et contrôle des travailleurs sur la destination des centaines de milliards de cadeaux au patronat.

Il y a pourtant dans ce pays suffisamment de militants politiques et syndicaux et de travailleurs combatifs qui, en janvier, se sont retrouvés en grève et manifestation à près de 2 millions. Serrer les liens et préparer les étapes de la lutte nécessaire n’est certainement pas hors de portée. Aider à cet objectif est aujourd’hui la tâche essentielle et prioritaire de l’extrême gauche.

1er mars 2009

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