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Éditorial de l’Étincelle du 14 décembre 2020

Des milliards pour eux et pour nous… le bâton !

Macron sait faire ses choix : tapis rouge pour les dictateurs et manifs interdites, gaz lacrymos et gardes à vue pour les contestataires. En grande pompe, il a reçu le dictateur égyptien al-Sissi, lui a décerné la légion d’honneur, en tenant à distance les journalistes qui auraient pu poser des questions désagréables : les affaires sont les affaires, et 24 avions de chasse Rafale, cela fait 5,2 milliards de bonnes raisons de laisser de côté les 60 000 prisonniers d’opinion en Égypte.

D’autant plus que, ici en France, Macron, Darmanin, le ministre de l’Intérieur, et Lallement, le préfet de police de Paris, piétinent chaque jour davantage les libertés individuelles et collectives. Car, voyez-vous, la démocratie des riches, ça se protège.

Ça ruisselle… de bas en haut !

D’un côté, l’argent gratuit pour les grands patrons qui vivent à crédit avec 460 milliards d’aides, de l’autre 6 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres.

Pour l’hôpital public, un régime de sous-effectif, de pénurie organisée et des fermetures de lits (même en réanimation !). Le budget de l’armée augmenté de 4,5 % cette année et, pour l’Éducation, des classes et des établissements surchargés.

Ce à quoi il faut encore ajouter leur incompétence. Ce n’est même pas nous qui le disons, mais les sénateurs, qui ont révélé cette semaine, preuves à l’appui, le gâchis de masques et l’impréparation du gouvernement.

Une politique de répression préventive

Le journal patronal Les Échos titrait le 1er décembre sur… les profits record de la Bourse de Paris et, le 9 décembre, sur ceux de Wall Street. Alors, pour protéger leurs profits et leur jolie démocratie, comme par le passé, ils mobilisent la matraque et ils peaufinent de nouvelles lois. Leur objectif est transparent : rendre invisibles les violences policières, empêcher que se manifestent des oppositions politiques en dehors de leur Parlement complaisant.

Macron (comme Hollande avant lui) avait commencé en s’attaquant aux droits syndicaux et au Code du travail. Il poursuit avec le fichage des opposants, qui ne se fera plus sur des activités supposées mais sur des opinions. Les drones équipés de systèmes de reconnaissance faciale seront le nouveau visage de la démocratie électronique de Macron.

Et, en espérant rendre l’acceptation plus facile, on attise la haine et les préjugés contre les musulmans scandaleusement amalgamés à des terroristes. Les lois « Sécurité globale » et « contre les séparatismes » peuvent se résumer à une surveillance accrue et une répression plus dure. Avec ces lois, le gouvernement parie sur la division parmi les pauvres et les exploités. Leurs affaires pourront ainsi continuer discrètement, c’est du moins ce qu’ils espèrent.

Le pouvoir sécuritaire se sent assez sûr au point que le préfet de Paris n’hésite pas à apporter un soutien officiel aux policiers impliqués dans le tabassage du producteur de musique Michel Zecler. Au point aussi d’intimider les organisateurs officiels des manifestations contre ces lois liberticides en interdisant rassemblements et défilés, en multipliant les arrestations préventives… jusqu’à des gardes à vue de jeunes de 17 ans dont le seul tort est de manifester.

Ne lâchons rien !

Cela n’a pas empêché, même en cette veille de vacances de fin d’année et malgré toutes ces mesures d’intimidation, que des milliers de personnes expriment le rejet de ce tour de vis autoritaire. Dans tout le pays, des manifestations ont eu lieu, le plus souvent avec calme, détermination, et sans violences. Cette énergie sera nécessaire et devra s’étendre pour affronter ensemble les plans de licenciements déjà annoncés et que le patronat prépare pour 2021. Nous n’obtiendrons que ce que nous prendrons !

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