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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2021 > février > 1er

De la crise de nerfs à la révolte sociale ?

Confinera, confinera pas ? Voilà plusieurs jours que le gouvernement souffle le chaud et le froid. Nos nerfs sont à vif. Les mesurettes annoncées par Castex vendredi n’auront qu’un effet à la marge sur la propagation du virus et ne peuvent faire oublier le fiasco de la campagne vaccinale. Depuis un an que ça dure, quand allons-nous sortir de cette valse de confinements et déconfinements décidés en fonction des seuls profits des grands groupes capitalistes, au mépris de notre santé et de nos vies ?

Faillite du système capitaliste

Après les échecs des campagnes de dépistage et de vaccination, voilà que les labos annoncent des retards de production et livraisons. C’est qu’ils ne fabriquent pas des médicaments ou des vaccins : ils fabriquent du profit pour leurs actionnaires. Alors que la mise en commun des capacités de production des entreprises pharmaceutiques serait une nécessité, les États se soumettent aux lois de la concurrence capitaliste. Il a fallu de longues négociations pour que Sanofi aide à mettre en flacon les vaccins Pfizer, mais pas question qu’il en produise, car c’est la guerre des brevets. Pendant ce temps, l’épidémie progresse et ce sont les classes populaires qui en paient le prix.

Les profiteurs de guerre

L’effet premier et majeur des restrictions imposées, c’est l’appauvrissement et la précarisation du monde du travail. Plusieurs dizaines de milliers d’emplois ont été supprimés en France : dans l’intérim, en CDD ou par des embauches reportées, mais pas seulement. Ceux qui bénéficient d’un CDI ne sont pas épargnés, entre les plans de suppressions d’emplois et les baisses de revenu liées au chômage partiel. Au total, en France, un million de personnes a basculé dans la pauvreté depuis le début de l’épidémie.

Moins de 1 % des 100 milliards d’euros du plan de relance est consacré à lutter contre la pauvreté. Un vrai drame pour des millions de jeunes qui se retrouvent sans revenu après la perte de leur job. Un drame pour celles et ceux qui ne peuvent plus payer leur loyer. Mais cette manne arrose les grands groupes licencieurs Total, Renault, Air France, Carrefour et même Sanofi qui supprime des centaines de postes dans la recherche médicale : on marche sur la tête ! Guère étonnant que les capitalistes, derrière ces groupes gavés d’argent public, aient vu leur fortune augmenter depuis le début de la pandémie. Celle des quarante-et-un milliardaires français a dépassé son niveau d’avant la crise et sept d’entre eux possèdent autant que les 30 % les plus pauvres.

Pour un programme d’auto-défense du monde du travail

Face à cette situation, la lassitude et l’exaspération pourraient laisser place à la colère et à la révolte. Aux Pays-Bas, la mise en place d’un couvre-feu a été accueillie par des émeutes. Ici et là dans le monde, la contestation prend des formes de colère aveugle contre le confinement, que l’extrême droite cherche à utiliser. Mais des luttes du monde du travail ne vont pas manquer d’arriver, dans lesquelles les travailleurs en mouvement vont devoir avancer leur programme d’auto-défense face à l’urgence sociale et sanitaire :

  • le secteur de la santé doit être tiré des griffes des intérêts privés : abolition du secret commercial et du monopole des brevets, réquisition des entreprises stratégiques et placement sous le contrôle des travailleurs de leurs activités ;
  • les services publics de la santé, de l’éducation, des transports, de la culture doivent recevoir les centaines de milliards de l’État leur donnant les moyens en personnel et en locaux qui limitent les brassages et leur permettent de fonctionner en toute sécurité sanitaire ;
  • interdiction des licenciements et des suppressions de postes, partage et réduction du temps de travail, sans perte de salaire ;
  • un programme d’urgence d’aide à la jeunesse privée de revenus.

Ces points sont à discuter entre nous qui produisons tout, et à avancer pour nos mobilisations à venir. Dans le pays, les morts du Covid se comptent par dizaines de milliers, les bénéficiaires de l’aide alimentaire sont huit millions, trois millions de plus qu’avant le Covid (selon le rapport Oxfam), et innombrables dans le monde. Le drame est à l’échelle internationale, ça suffit !

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