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Éditorial de l’Étincelle du 7 décembre 2020

Où est la violence dans la société ?

La vague de contestation et de colère soulevée par la loi de Sécurité globale a continué ce samedi : des manifestations ont à nouveau eu lieu dans 90 villes pour dénoncer les violences policières et le renforcement de l’autoritarisme de l’État. Elles se sont jointes bien souvent aux manifestations contre le chômage et la précarité prévues le même jour. Tout naturellement, car le tour de vis sécuritaire n’a pour seule raison d’être que la crainte du gouvernement de voir exploser la colère sociale : il veut pouvoir donner libre cours à la répression.

Opération blanchiment

Pourtant, vendredi, Macron s’était livré à une opération grand écart qui n’a pas convaincu les dizaines de milliers de manifestants, dont beaucoup de jeunes. Il a prétendu s’adresser à eux en se faisant interviewer en ligne sur Brut, entre autres par le journaliste Rémy Buisine, celui que les flics avaient délogé à coups de botte tandis qu’ils chassaient les migrants place de la République.

Pendant deux heures, Macron a essayé de désamorcer l’indignation suscitée par les images du tabassage des réfugiés ou de celui du producteur de musique Michel Zecler. La main sur le cœur, il a parlé des « violences inadmissibles » de certains policiers, a semblé découvrir l’existence des contrôles au faciès – qui sont le lot quotidien des jeunes ou moins jeunes des quartiers populaires – et même désavoué les mots de Darmanin pour lequel les policiers auraient juste « déconné ». Et de proposer un numéro vert pour ceux qui voudraient dénoncer des policiers « déconnants ».

Les syndicats de police ont tout de suite crié à la trahison. Pourtant, ces mots creux n’avaient qu’une fonction : blanchir le projet de loi qui vise à entraver notre liberté de contester et dont l’article 24, pas encore supprimé mais juste en cours de réécriture, est taillé pour assurer aux forces répressives de police l’impunité face à ceux qui filmeraient leurs exactions.

Contesté, Darmanin, a trouvé de son côté un dérivatif : la loi sur le « séparatisme » voulue par Macron. Fraichement rebaptisée « Loi confortant les principes républicains », elle est destinée à cibler une partie des classes populaires bien plus qu’à lutter contre le terrorisme ! La chasse au faciès reste ouverte et la violence des forces de police, que Macron prétend vouloir « exemplaires », encouragée.

Puis opération discrédit

Dès samedi, les manifestants ont eu un bel aperçu de cette violence… de la part de l’État ! Par décision du gouvernement ou du préfet de police de Paris, passé maître à casser du manifestant, ou des deux, la manifestation parisienne était serrée de près par un nombre incalculable de gendarmes et CRS. Cet arsenal impressionnant destiné à intimider ceux qui défilaient n’a pas empêché des black blocks ou prétendus tels (quelque 400 dit la presse, mais combien de provocateurs policiers parmi eux ?) de mener des casses. Ce qui tombait bien à pic pour le gouvernement. Le soir même, ceux qui étaient devant les journaux télévisés ont eu, eux aussi, leur part d’intimidation : la police y était félicitée pour avoir protégé les manifestants des casseurs, le monde à l’envers !

La violence, parlons-en !

Pas un jour ne passe sans que des licenciements ne soient annoncés chez Danone, Auchan, Safran, Elior, Latécoère, 35 000 en tout depuis septembre selon des estimations. Malgré le plan d’aides massives à ces grands groupes capitalistes, ceux-ci ont toute liberté pour jeter des travailleurs dans la misère en pleine crise liée à la pandémie. L’argent magique que le gouvernement a sorti de son chapeau, qu’il a refusé aux hôpitaux publics et aux Ehpad, se rendant responsable de milliers de morts, sert aujourd’hui à licencier en toute impunité !

C’est cela la violence de ce système économique : nous sommes « libres » d’aller pointer au chômage, les petits commerçants de mettre la clef sous la porte, tandis que les capitalistes empochent les milliards et imposent des reculs aux travailleurs. Ceux qui se mobilisent ont bien raison, la défense de nos conditions de vie et de nos libertés vont de pair.

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